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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Ciiap. XII. 335mêlée avec une grande abondance des. fruits de f Automne. U y avoitSECTreirpeu de meubles dans les maisons, mais suffisamment pour faire connaître m.que les Arts ne font pas t ou t A-fait inconnus à ces Insulaires. Ilsavoient desjvA^Q ■couvertures rouges ot blanches, qui leur fervoient tantôt d habit, tantôt de Nouvellematelas.- Letoffe étoit douce au tact comme de la foie, & il y a de l’appa- Hollanderence qu’ils ont des métiers pour la fabriquer.'

Ces Insulaires font en général vifs,, bien faits, vigoureux, assez déliés,

& légers à la course. - Ils ont l’air deux, agréable, modeste & soumis, &font extrêmement timides & craintifs, - Toutes les fois qu’ils apportoientquelques provisions aux Ilollandois, ils les jettoient à leurs pieds avec pré-cipitation, & s’en retournoient dans le moment auffi vîte qu’ils pòuvoient.

Ils font en général bruns comme les Espagnols; on en trouve cependantqui font assez noirs, & d’autres qui font tout-à-fait blancs,- II y en a enco-re dont le teint est rougeâtre , comme s’ils étoient brûlés du Soleil Lesoreilles leur pendent jufqu’aux épaules, & quelques-uns y portoient deuxboules blanches fort grosses, comme un grand ornement. Us ont le corpspeint de tontes fortes de figures d’oifeaux & d’autres animaux , présomp-tion très-forte qu’ils ne leur font pas inconnus, & plusieurs de ces figuresétoient bien faites & naturelles.

Les femmes font en général fardées d’un rouge très-vif, qui surpasse debeaucoup celui que nous connoissons en Europe, les Hollandois ne pu-rent découvrir de quoi les Insulaires composent une si belle couleur.' Ellesfe couvrent de ces couvertures rouges & blanches, dont on a parlé, & por-=tent un petit chapeau fait de roseau ou de paille. Elles parurent ni fortmodestes ni fort chastes; elles -s’assirent souvent près des Hollandois, & íedéshabillèrent en les agaçant par toutes sortes de gestes, & d’autres les ap»pelloient dans leurs maisons. Ce qu’il y a dé plus singulier, c’est qu’on ne 'vit aucunes armes à ces Insulaires ; en cas d attaque iis avoient recours àleurs Idoles, dont ils imploraient la protection avec beaucoup d’ardeur &de dévotion. Quel dommage que des âmes si bien disposées në soient pasinstruites de la connoissance du vrai Dieu! Les statués ■ de leurs Divinitésétoient toutes de pierre, de figure humaine, avec de grandes oreilles : latête étoit ornée d’une couronne, le tout fait & proportionné selon les ré-glés de fart, ce qui étonna beaucoup les Hollandois. Autour de ces Idoles,à vingt & trente pas à la ronde, il y avoir un parquet fait de pierres blan-ches. Plusieurs des habitans servoient les Idoles plus fréquemment & avecplus- de dévotion & de zele, ce qui fit croire qúe c’étoient des Prêtres,d’autant plus qu’on voyoit fur eux quelques marques de distinction; iis a-Voient non seulement de grosses boules à leurs oreilles, mais aussi la têtetoute rasée; Us portoient un bonnet fait de plumes blanches & noires, ■qui ressembioient parfaitement à celles de Cicogdes, ce qui fit d’abord con-jecturer aux Hollandois que ces oiseaux , en quittant l’Europe, pourraient se -•réfugier ici en partie.- Mais f Auteur du Journal n’a pas trouvé cette con-jecture fondée, comme il paroît par des remarques curieuses qu’il fait furoiseaux.

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