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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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IIIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 337

Les habitans de l’Iíle Pernicieuse font plus grands que ceux de rifle dePâques ; quelques-uns des Matelots assurèrent qu’iJs avoient vu des vestigesde pied de ces Insulaires, qui avoient vingt pouces de long. Ils avoienttous le corps peint de diverses couleurs ; leurs cheveux font fort longs &noirs, ou bruns tirant un peu fur le roux. Leur phisionomie n’annoncepas un naturel doux & humain, ils l’ont tous fort cruelle & méchante. Ilsportoient des piques de la longueur de dix-huit à vingt pieds , 6 c marchoientpar troupes de cinquante ou cent. Ils faifoient signe aux Hollandois d’allerà eux, en fe retirant de l’autre côté de flíle, apparemment dans le desseinde les attirer dans quelque embuscade (a).

A huit lieues à l’Ouëst on trouve fille Aurore , ainsi nommé parcequeRoggeveen la découvrit à la pointe du jour. Elle a environ quatre lieues decircuit, & est couverte de brossasses & d’arbres, & tapissée d’une très-belleverdure. Une autre Isle fut nommée Vêpres , parcequ’on la découvrit le soir.Celle-ci a environ douze lieues de tour, elle est fort basse, du reste très-belle & garnie d’arbres ( b ).

A vingt-cinq lieues à l’Ouest de l'Ifle Pernicieuse, il y a six Ifles que lesHollandois nomment le Labyrinthe , parcequ’ils furent obligés de faire plu-sieurs détours pour en sortir. Elles font situées tout près les unes desautres, fort riantes, & prises ensemble elles peuvent avoir une étenduede trente lieues. On apperçut plusieurs habitans qui fe promenoientdans leurs Canots le long de la côte ; mais n’en ayant point vu fur lerivage , & y ayant du danger à y mouiller , on ne Je s reconnut pasde plus près.

Au feizieme degré de Latitude Australe & à deux-cens quatrevingt-cinqdegrés de Longitude, les Hollandois découvrirent une Isle, qu’ils appelle-ront l'Ifle de Récréation , à cause des herbes salutaires qu’ils y trouvèrent. Ilsmirent deux Chaloupes en mer bien montées pour aller à terre. Les In-sulaires ne s’apperçurent pas plutôt de leur dessein, qu’ils íe porterent enfoule fur la côte pour s’opposer à la descente. Ils étoient armés de lon-gues piques, & montroient aux Hollandois qu’ils favoient bien les manier,mais le feu de la moufquetterie les effraya & les fit retirer. Les Hollandoisprirent alors terre, & leur montrèrent de petits miroirs, du corail & d’au-tres bagatelles: ils Rapprochèrent, & après qu’ils eurent repu ces préfens,ils laisseront aux Hollandois la liberté de voir f intérieur du Pays & d’y cueil-lir des herbes ; ils leur aidèrent même.

Le lendemain ils y retourneront en plus grand nombre, non seulementpour cueillir des herbes, mais pour y faire quelque autre découverte avan-tageuse. La premiere chose qu’ils firent en arrivant, fut de donner au Roivu. Chef de fille des miroirs, du corail & d’autres quinquailleries. Illesaccepta, mais avec une espece d’indifférence & de dédain, qui ne présa-geoit rien de bon ; il est vrai qu’il fit en échange un présent de noix de co-cos. Ce Chef étoit distingué des autres Insulaires par quelques ornemensdé nacre de perles, qu’il portoit autour du corps & des bras, de la valeur

d’en-

(a) Expédition de trois Vaisseaux T. I. Ch, 12. (/-) lbid. Ch. 13.

Tome VIII. • Vv

Section

hi.

Descrtp.t ion de laNouvelleHollandebo_

Habitans.

L'Ifle Au-rore, bcelle deVêpres.

Le Laby-rinthe.

Jfle deRecréa,tion.