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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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Jil.

Descrip-tion de IttNouvelleHollande(sc.

Descrip-tion d ciJsies deBauaian.

338 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.

d’environ íìx-cens florins de Hollande. Les femmes admirèrent beaucouple teint blanc des Hollandois & leur firent mille caresses, mais tout cela n’é-toit que feinte ; elles ne les cajolèrent tant que pour les endormir & lestromper plus sûrement ; desorte que fi ces Insulaires enflent pris autant deprécaution en exécutant leurs mauvais desseins, les Hollandois auroient tousperdu la vie. Les Insulaires les laissèrent avancer dans le Pays, en montantfar des rochers qui bordoient une vallée profonde, & leur montrèrent mê-me le chemin ; mais quand ils les virent engagés ils les quittèrent. Quel-ques milliers sortirent des creux des montagnes ; leur Chef donna un signal,oc ils accablèrent les Hollandois d’une grêle. de pierres, fans néanmoinsleur faire aucun mal. Ceux-ci firent bonne contenance & répondirent parle fen de leur mouíquetterie, qui tua beaucoup de ces Insulaires, & à lapremiere décharge leur Chef fut tué. Cela ne fit que les animer davanta-ge , & ils continuèrent avec plus de fureur à jetter des pierres. Aprèsque le combat eut duré quelque tems avec beaucoup d’opiniâtreté, les Hol-landois, qui se battoient toujours en retraite du côté du rivage, gagnè-rent leurs Chaloupes tous blessés, cependant les Insulaires avoient beau-coup plus perdu. Aucun des deux Partis n’eut sujet de se vanter ; lesHollandois furent contens de s’être tirés de ce mauvais pas à tout prix, Lles Insulaires ne l'étoicnt pas moins de s’être délivrés de ces Etrangers ,s’imaginant qu'ils avoient de mauvais desseins, qu’ils cach oient fous le pré-texte de cueillir des herbes.

Cette Ifle a environ douze lieues de circuit ; le terroir en est très-fer-tile; il y avoit une grande quantité d’arbres, principalement des palmiers,des cocotiers & du bois de fer. II est fort vraisemblable qu’il se trouvedes métaux dans 1 Isle & d’autres choses précieuses: f Auteur du Journalne f assure pourtant point, ni ne dit les raisons qui firent conjecturer qu’ily a des Mines. Les Insulaires étoient fort adroits, d’une taille médiocre,forts & robustes, vifs & bien faits. Us avoient les cheveux longs, noirs& luisans, graissés d’huile de cocos, ainsi que c’est la coutume de plusieursNations Indiennes. Ils avoient tout le corps peint comme ceux dessillede Pâques. Les hommes se couvroient le milieu du corps d’un rêt, quileur passoit entre les cuisses, mais les femmes étoient entierement couver-tes d’une étoffe aussi douce au toucher que la foie. Ellés portoient auífldes ornemens de nacre de perles autour du corps & des bras. Elles fontdroites, dégagées & gentilles ; leurs traits ne font pas désagréables,bien-qu’elles ayent cet air fade, qui est ordinaire à toutes les Noires &à toutes les Mulâtres, de grosses levres, le front rond, mais les yeux noirs,vifs & perçans (a).-

Au douzième degré de Latitude du Sud & à deux-cens-quatrevingt-dixdegrés de Longitude, les Hollandois découvrirent plusieurs Iíles; en en ap-prochant ils trouvèrent qu’elles étoient plantées de beaux arbres, & qu’el*les produifoient toutes fortes d’herbes, de légumes & de plantes. Les Ha-bitans vinrent au devant des Vaisseaux, & leur ossroient toutes sortes de

pois*

Ú) Expédition 1 . c. Çh.14. ■