I-IIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII Chap. XII. 34I
celets de grains bleus & jaunes. Les hommes ont des arcs & des fléchés , sectiondes lances garnies au bout d’un os pointu, & des sabres comme ceux de ui.Mindanao. ,
Us dardent le poisson fort adroitement avec un harpon de bois, & ont NouveIIeune maniéré fort ingénieuse de le faire venir sur seau. Us ont un morceau Hollandede bois joliment travaillé & peint, de la figure d’un dauphin ou de quelqueautre poisson; ils l’attachent à une petite corde, & le jettent ensuite dans ~l’eau avec un petit poids qui sert à le tirer à fond ; quand ils le croient as-sez bas, ils le retirent tout d’un coup dans leurs bateaux, & le poisson,qui monte après cette figure, ne paroît pas plutôt fur seau qu’ils le dar-dent. Mais ils tirent leur principale subsistance de leurs plantations. Avectout cela ils ont de grandes Barques, dont ils se servent à faire le voyage dela Nouvelle Guinée, 0Í1 ils achettent des Esclaves, de beaux perroquets&c.qu’ils transportent k Ceram, où. ils les troquent pour des toiles de coton.
Une de ces Barques en revint pendant le séjour de Dampìer , mais les Insu-laires ne lui voulurent jamais troquer un Esclave que pour des toiles de co-ton, qu’il n’avoit pas. Leurs maisons font pauvres & petites d’un côté dal’Ifle, mais de l’autre elles font bonnes & grandes. Les Anglois n’entendi-rent point leur langue, & ne purent découvrir quelle Religion ils professent;niais on ne croit pas qu’ils soient Mahométans, parcequ’ils bùvoient de seaude vie dans le même verre que les Anglois fans aucun scrupule (a).
A la hauteur du Cap Mabo, qui est le Cap Nord - Ouest de la Nouvelle //?- desGuinéa, il y a plusieurs Isles, dont Dampìer nomma le plus OccidentalePétoncles.1 ’ljle des Pétoncles , parcequ’ayant envoyé fa Chaloupe pour la reconnoî-tre , ses gens revinrent avec un Pétoncle d’une grosseur prodigieuse ,dont la coquille pesoit soixante - dix - huit livres. On en prit beaucoupd’autres plus petits , dont il n’y en avoit point qui excédât le poids dedix livres (ù).
A quatre ou cinq lieues à l’Est, il y a une petite Isle couverte de bois, Isle desà laquelle on donna le nom d 'IJle des Pigeons , pareeque Dampìer y trouva Pigeons,plus de ces oiseaux qu’il n’en avoit vu nulle part : on y pris aussi une pro-digieuse quantité de pétoncles, & les Anglois y trouvèrent une écaillevuide , qui pesoit deux - cens - cinquante - huit livres, ce qui paroît pres-que incroyable (c).
Dans le méme parage , Dampìer relâcha auprès d’une autre Isle, qu’il j/ic dunomma Y Isle du Roi Guillaume. Elle est fort haute , couverte de bois, & Roi Guispeut avoir deux lieues & demie de longueur. 11 y a une infinité de beaux laume - .arbres, dont la plupart étoient inconnus à notre Voyageur; ils étoientchargés de fleurs jaunes, blanches, ou de couleur de pourpre, qui rendoientune & odeur fort agréable. Ils ont presque tous la tige haute & droite , &peuvent servir à toutes sortes d usages. II y en avoit un, dont le tronc é-toit fort uni, fans branches & fans aucun nœud, qui pouvoit avoir soixantevu soixante-dix pieds de haut. 11 paroissojt par - tout d égale grosseur jus-
qu’au
(/>) ìbi.L p. 85 , 8«. ’ •
CO Ibid. p. 87, 88.
00 Dampier, l c. p. 79-8,3-