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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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III.

Descrip-tion de laNouvelleHollande&c.

Cap d'Ot-ford.

Tort

Mounta-

gue.

Z46 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.trerent une noix de cocos, & de l’eau dans une grosse canne d’Inde ,& firent des signes pour faire connoître qu’il y en avoir assez à f en-droit où ils demeuraient ; ils l’indiquerent même avec le doigt, & se reti-reront ensuite_ (a).

A dix-huit lieues environ Sud-Ouè'st du Cap Saint-George, il y en a unautre, qu on nomma le Cap d'Orford. II y a une Baye entre deux qui peutavoir vingt-cinq lieues de profondeur, & qui est environnée d’un rivageassez haut, fur-tout proche des Caps, quoiqu’ils ne le soient gueres eux-mêmes. On donna à cette Baye le nom de Saint-George : les Anglois n'yvirent ni cocotiers ni plantations, mais ils apperçurent dans le Pays unemontagne brûlante, qui étoit ronde, haute & pointue au sommet, com-me font la plupart des Volcans, & dont il fortoit beaucoup de fumée. LeCap d’Orford, qui fait la pointe la plus occidentale de la Baye, est à cinqdegrés vingt - quatre minutes de Latitude Méridionale. De l’un & de l'au-tre côté du Cap, il y a plus de savanes que de bois,& la terre la plus hauteest au Nord-Ouëst. Le Cap même est une pointe platte, d’une hauteur mé-diocre, avec une plaine au-dessus (b).

Après avoir doublé ce Cap, la côte court Sud - Ouest ; elle est haute ,montueuse, mais moins garnie d’arbres que celle de l’autre côté. A sixdegrés dix minutes de Latitude du Sud, & à cent-cinquante-un milles Ouestdu Méridien du Cap Saint-George, on trouve une Baye, que DampierPomma le Port de Mmntague. Les Anglois apperçurent-íà tous les indicesd’un Pays cultivé, quantité de cocotiers, de plantations & de maisons. Aquatre ou cinq milles du rivage, six Canots où il y avoit environ quarantehommes en tout, vinrent pour les épier. On leur fit signe de retourner àterre, mais ils n’entendirent pas ou ne voulurent pas entendre; on lâchaun coup de fusil au-dessus de leurs têtes, alors ils rainèrent de toutes leursforces vers le rivage. Bientôt il parut trois autres Barques, dont l’une é-toit grande & bien bâtie, & montée d’une quarantaine d’hommes; un peuaprès on en découvrit une autre grande remplie de monde, avec savant &l’arriere peints & d’une hauteur considérable. Dampier jugea qu’elle venoitl'attaquer de concert avec les autres, deforte qu’il tira un autre coup de fu-sil chargé de plomb fur la premiere des deux grandes, qui se trouva la plusproche, les Insulaires eurent recours à leurs Pagayes ; & comme le calmeempêchoit le Vaisseau d’avancer , elles eurent le tems de ramer vers laderniere. Quand elles furent assez près les unes des autres, Dampier or-donna à son Canonier de leur tirer un coup de canon qui paffiìt dans feu-tre deux, ce qu’il exécuta fort habilement: il chargea sa píece de grossedragée, qui porta où il vouloir ; & ce coup effraya tellement les Insulai-res, qu’ils voguèrent au plus vite vers le rivage, & le Vaisseau les suivitdans la Baye (r).

Les Anglois n’étoient pas éloignés de la pointe, qu’ils virent quantitéd’hommes qui les épioient du haut des rochers. On leur tira un coup de

ca-

(s) Dampier , T. V. p. 107, 108. (f) Là-mêaie, p. m, m.

(§) Ibid, p. 109, 110.