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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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348 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Lrv. XVII. Chap. XII.

Section cochons. Quand ils voulurent aborder, les Insulaires se preTenterent en1U- foule pour s’y opposer ; ils secouoíent leurs lances avec un air menaçant,Descrip ’> jj y £n eut m ême quelques-uns assez hardis pour entrer dans seau, armésNouvelle d'un bouclier & d’une lance. Les Anglois eurent beau leur offrir les cu-Hollande riosités qu’ils avoient & leur faire des signes d’amitié, tout cela ne servit&c. de rien, & ils ne purent jamais les engager à un commerce libre & hon-* r 1 " nête. Résolus pourtant d’avoir de leurs provisions , ils tirèrent quelques

coups de mousquet pour les effrayer ; aussi s’enfuirent - ils tous à la ré-serve de deux ou trois, qui firent ferme dans une posture menaçante ; maisbientôt ils tournèrent aussi le dos, l’un ayant été selon les apparences blesséau bras d’une baie de mousquet. Les Anglois mirent alors pied à terre, &trouvèrent quantité de cochons apprivoisés autour des maisons ; après enavoir tué neuf, ils les apportèrent à bord. Ils retournèrent à terre une se-conde fois, & revinrent avec huit gros cochons morts, & un petit en vie.On envoya les Chaloupes une troisième fois pour se munir de nouveaux ra-fraîchissemens, mais les Insulaires avoient transporté toutes leurs provisionsailleurs, quoique plusieurs d’entre eux fussent retournés dans leurs cabanes,& qu’il n’y en eût pas un qui s’opposât à la descente. Au contraire ils é-toient devenus si honnêtes, qu’un d’eux porta dix ou douze noix de cocosfur le rivage, & disparut après les avoir montrées aux Anglois (a).

Les gens de Roggeveen éprouvèrent aussi que les Insulaires de la NouvelleBretagne n’aiment point les Etrangers. Ayant voulu descendre à terre pourchercher des rafraîchiffemens, les habitans vinrent au devant d’eux pourles observer de près. Ils firent plusieurs contorsions, qui marquoient le dé-sespoir où ils étoient de voir les Hollandois si près deux ; ils se frappoientdes mains & s’arrachoient les cheveux. Ensuite ils décochèrent des flé-chés, jetterent des javelots & lancèrent des pierres. On leur répondit parla mousquetterie, ce qui leur causa tant de frayeur, que plusieurs se préci-pitèrent dans la mer, & gagneront la terre à la nage; ceux qui étoient res-tés dans les Canots furent bientôt forcés d’en faire autant. Tous quittè-rent leurs cabanes & se retireront dans les bois, où ils firent des hurlemens«St des cris terribles (b). II y a de fapparence qu’ils se souvenoient encoredu passage de Dampìer , une vingtaine d’années auparavant, & que celacontribua aussi au mauvais accueil qu’ils firent aux Hollandois. La descrip-tion que l’Auteur du Journal de Roggeveen fait des habitans de la Côte «Stde la Baye, s’accorde si parfaitement avec celle de Dampìer, qu’on estporté à croire que les Hollandois abordèrent dans la Baye des Frondeurs.A en juger par tout ce qu’en disent ces Voyageurs, il seroit assez diffi-cile d’apprivoiser ces Insulaires, & peut-être ne pourroit-on gueres se fierà eux sans prendre de grandes précautions, étant aussi traîtres que DaM*pier les représente. Les Auteurs Anglois prétendent néanmoins que le peude succès qu’eurent Roggeveen & Dampier, ne doit en aucune façon décou-rager d’autres de pousser cette importante découverte, parceque des Vassiseaux peuvent se rendre dans ces quartiers-là fans essuyer les pertes & l eS

fa-

(a) Dampier, 1 . c, p. 115-119. (J>) Expédit. de trois Vaisliaux, T.I.Ch. i7-