HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. S5I
te d’un chapeau de paille, orné de plumes de l’oiseau de Paradis, qui ne se Sectiontrouve, dit-on, nulle autre part que dans ces Isles; car ceux d’Afrique dis- in-fèrent de ceux-ci par le plumage. Toutes les fois que les Insulaires viennentaux Molucques pour y trafiquer leurs marchandises, comme du cochon fa - Nouvellelé, de l’ambre, de la poudre d'or &c. ils y apportent aussi de ces oiseaux ; Hollandemais ils les vendent toujours morts, disant qu’on les trouve ainsl le bec ôiv.
fiché en terre, & qu’ils ne peuvent découvrir d’où il vient, & qu’ils igno- “--
rem aussi où il niche (a) (*).
A l’égard de la Nouvelle Guinée , il est impossible d’en faire une descrip. N. Gui-don bien exacte, parcequ’on ne trouve gueres que quelques traits dispersés née -de côté & d’autre, dans des Relations, dont plusieurs font encore fort tron-quées & fort imparfaites : nous tâcherons de réunir autant que nous pour-rons ces morceaux épars, pour donner une idée de ce que l’on connoît de cePays. II a été découvert, à ce que l’on croit, en 1528 par Alvar Saavedra (/;) , &
Vu le long des côtes durant six-cens-cinquante lieues par Bernard délia Torre, enI542 (c). C’est une longue Isle, ou Prefqu’isle, si elle touche à la Nouvelle Hol-lande, qui s’étend obliquement du Sud-EstauNord-Ouëst depuis la Ligne Equi-noctiale jusqu’au dixieme parallèle. L’Auteur de la Relation de Roggeveen dit,que c’est un Pays extrêmement haut & chargé de toutes fortes d’arbres &de plantes, enforte que pendant un cours de quatre-cens lieues le long descôtes, il n’y vit pas un seul endroit stérile. C’est ce qui fait croire à cet
Au-
U) Expédition de trois Vaisseaux, 1. c. (//) Hist. des Navigations aux Terres Au-•P- n, 12. strales, T. 1. p. 157.
(c) Ibid. p. 171.
(*) Ce qu’i! y a de certain, c’est qu’on voit toujours cet oiseau fort haut en l’air. II,*st extrêmement léger, consistant presque tout en plumes, qui sont si belles que c’esl u-*he des plus grandes curiosités de la Nature. Celles de la tête ressemblent û de l’or pur,celles de la gorge aux plumes d’un canard , & celles de la queue & des ailes á un pa-nache. 11 refleìnble au reste par le bec & par le corps à une hirondelle , honnis qu’ilest plus grand. Telle est au moins la description qu’en fait l’Auteur du journal, qui estfort différente de celle qu’en font quelques Naturalistes , & de ce que nous avons vufous le 110m d'Oiseaux de Paradis dans les Cabinets des Curieux. Ceux qui en font traficveulent faire accroire aux Etrangers, que cet oiseau n’a point de pieds, & que quand ilVeut dormir il fe suspend par ses plumes aux branches d’un arbre. Mais la vérité est quec es Marchands lui Coupent les pieds, pour le rendre plus extraordinaire. 11s ajoutentHue le mâle a une cavité fur le dos, où la femelle couve ses petits , qui y restent jus-qu’à ce qu’ils puissent voler, lis racontent encore qu’il vole toujours, & il le faut biens il n’a point de pieds, & qu’il se nourrit de mouches qu’il prend en l’air. Le mâle estd’une couleur plus vive que la femelle. C’est une chose assez singulière, que de tousles animaux qui nous font connus, ce n’est que parmi les oiseaux qu’on remarquecette particularité, la femelle de tous les autres animaux étant ordinairement la pl us b e [.le, c ct oiseau est appellé autrement Mamcodiata ou Y Oiseau da Dieu. Les Maures, lesArabes & les Persans l'estiment fort; ils en ornent les selles des chevaux & leurs voitures,ù pour rehausser les couleurs des plumes ils y ajoutent des, perles & des diamans. 11s, s portent même fur leurs turbans, fur-tout quand ils vont à la guerre, fe croyant alorsa l’abri des armes de leurs ennemis Le Sophi & le Grand-Mogol en faifoìent autrefoislèsent comme,une marque extraordinaire de leur faveur (1).
(1) Expédit. dr trois Vaisseaux, T. Ií. p. 12-lj.