Z62 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section pens de l’Etat. On pourroit reconnoître parfaitement toutes les côtes de KIV. Nouvelle Hollande & de la Nouvelle Guinée jusqu’à la Ligne , on pourroitNégligen - entrer jans le Pays avec des forces suffisantes, & s’instruire avec certitudece des Està succès que l'on pourroit s’y promettre dune Colonie. Cette expéditionJufet^es™ ne peu t paroître ni difficile ni dangereuse à ceux qui sont au fait de laTerres Navigation des Indes. On fait déja qu’il y a par-tout fur les Côtes de cesAustrales p a ys des Illes, où les Vaisseaux envoyés à la découverte pourroient&c ' _ se rafraîchir.
Si l'on fait réflexion sur toutes les circonstances mentionnées dans lesJournaux que nous avons cités, l’autorité des Auteurs, la conformitéentre eux, & l’impossibilité qu’il y a de faire quadrer des fables st exac-tement avec la Raison, l’Expérience & avec elles-mêmes , nous devonsconclure qu’il y a des preuves suffisantes de l’existence d’un Continent &d’Iíles au Sud, riches, fertiles & peuplées. La même raison montre -que si l’on y établissoit un Commerce, il seroit très-commode, & pro-duiroit d’aussi grands & même de plus grands avantages que ceux quel’on a retirés de la découverte de l’Amérique. N’est-il donc pas éton-nant qu’une Nation aussi puissante & active que la nôtre, n’ait jamais en-trepris de satisfaire pleinement fa curiosité en prenant une connoissance, exacte de ce Continent? On a fait plusieurs expéditions à la Mer du Sud,mais pas une feule dans cette vue-là, si l’on en excepte celle de Dampier,bien loin d’avoir pensé à aucun Etablissement. II est vrai que jamais aucu-ne Puissance d’Europe n’a équippé d’Escadre assez puissante pour un pareildessein, & qui eût assez de forces pour pénétrer jusques dans le cœur des Ter-res. Les Anglois & les Hollandois se sont contentés de voir les Côtesfans faire une descente, parcequ’ils craignòient non seulement les habitans,mais aussi de manquer de vivres à leur retour. Roggeveen fît quelques tenta-tives , mais fans pénétrer au - delà des bois de Cocotiers & des bords duPgys. L’Auteur du Journal du voyage de ce Navigateur attribue à cela lepeu de succès de cette expédition : & il propose les maximes suivantes,dont la pratique exacte contrib'ueroit beaucoup à la réussite de cette décou-Re-rles à verte. „ II faudroit premierement qu’une Puissance envoyât, non un ouobserver „ deux Vaisseaux, mais plusieurs, bien pourvus de tout ce qui est nécestàirepour faire „ pour une navigation de longue haleine. En second lieu, il fau dr ohdes dècou - mettre sur ces Vaisseaux plus de matelots & moins de soldats, qu’on n’a’/es Terres " coutume de faire; puisque le nombre des IMS & des autres venant à di'Australes! „ minuer, ceux-là dans un cas de nécessité peuvent se battre, mais ceux-ci„ ne peuvent manœuvrer. En troisième lieu, il faudroit quelques mois aprc s„ le départ de ces Vaisseaux, en envoyer d’autres, afin que les dernie rS„ pussent secourir les premiers à f égard des vivres & de toutes fortes de„ rafraîchissemens. Par ce moyen-là on préviendròit les maladies qui p r °'„ viennent ordinairement de la corruption des vivres. En quatrième lies -,, comme on ne fauroit prévoir tous les accidens auxquels on est sujfî 1 '„ fur mer, principalement les mauvais tems & les vents contraires qui„ parent souvent les Navires, il, faudroit assigner à chaque Vaisseau un fîcUde rendez - vous, afin qu’ils s’attendent les uns les autres. En cinquième
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