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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 3^

lieu, il ne faudroit pas gêner lAmiral 011 Chef dEfcadre, mais lui don- Section ner plein pouvoir de faire ce quil trouve le plus à propos, & abandon- iv.

ner toute lentreprise à sa prudence. On a remarqué quun Chef étant borné, a souvent négligé les meilleures occasions du monde de faire un Zgn 0 f s r ',1 bon coup. Dans les desseins les mieux concertés étant impossible de sassurer fusa da* absolument du succès, il noferoit rien prendre fur lui LAuteur du TerresJournal a raison de proposer cette derniere maxime, car il fut témoin du Australesdésordre que causerent les instructions trop limitées de Roggeveen, qui fut ^ cforcé par- de retourner à Batavia dans le teins quil auroít pu commencer ^ ' " n ^de faire avec succès des découvertes avantageuses (a).

Peut-être que chaque Puissance attend que Fune ou Fautre entreprennecette conquête & y réussisse, afin quêtant instruite de la maniéré dont ondoit sy prendre, elle puisse Fimiter, & y établir aussi à moins de fraix faDomination ou son Commerce. Mais il y a de lapparence que la Puissancequi auroit fait la premiere cette conquête, y souffriroit aussi peu dautresNations, que les Espagnols en souffrent au Pérou, les Portugais au Brésil,les François dans le Canada , les Anglois en Virginie , & les Hollandoisaux Isles Molucques. La premiere découverte ou conquête dun Pays in-connu donne à celui qui Fa faite un droit incontestable dune possession lé-gitime , & en ce cas- une telle Puissance deviendroit la premiere Puis-sance maritime du Monde.

Quant à ce qui nous regarde en particulier, peut-être que la plus gran- nifficultéde difficulté quil y auroit dans lenvoi dune Escadre à la Terre de van Die- dívoir'u-men pour faire les recherches nécessaires avant que dentreprendre des neEtablissemens, ce seroit davoir une Relation exacte & impartiale de lexpé- tior \ exacdition , quand elle seroit faite : Fintérêt particulier se trouve si souvent en borner m.concurrence avec le Bien public, quil nest pas aisé davoir des lumièresbien sûres, lorsque tant de gens sont intéressés à y mettre obstacle. Le Com-merce de la Russie, & le Voyage du Capitaine Mìddîeton pourla décou-verte dun passage au Nord-Oucst, en font des preuves. Ce dernier abou-tit à une dispute fort vive, pour savoir si le passage étoit découvert 011 non,celui quon prétendoit avoir fait la découverte, soutenant la négative. Onpourroit cependant surmonter cette difficulté, en prenant la sage précautionde nenvoyer que des gens habiles & intégrés, qui à leur retour fussent obli-gés dassermenter leur Journal. II faudroit aussi obliger les principaux Offi-ciers , dépendans du Chef, de tenir leurs Journaux à part, fans que leurSupérieur eût droit den prendre connoissance ; & ensuite les publier touspar autorité publique, afin que tout le monde eût la liberté de les exami-ner,, de proposer les objections, ou de confirmer certaines circonstancespar la Raison, lExpérience & FIHistoire ; en un mot de faire une criti-que exacte de chaque Journal, afin que le Public eût les informations lesplus claires quil seroit possible. On verroit bientôt par-, sil conviendroitde pousser Fentreprise ou de Fabandonner ; la Philosophie viendroit à lap-' pui de lExpérience, & celle-ci de Fautre côté seroit soutenue par lExpé-rience.

(a) Hist. des Navig. aux Terres Aust. T. II. p. 254, llarrh T. I. Sect. 20.

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