3<5d IIIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.
Síction les termes de l’habile Auteur de Y Etat présent de î Europe, qui dans la révi-IV. f lon qu’ii a faite du Recueil des voyages de Harris, a mis cette matière dansNégUgen - tout f on jour, d’une maniéré toute nouvelle & peu commune. Voici l’Ex-Espaenols trait de la Chartre. „ La Compagnie & ses successeurs auront seuls à toa-ausujet „ jours le droit de trafiquer dans tous les Royaumes & Pays qui font à l’O-des Terres ” rient de FAmérique, depuis YOronoque jusqu’à la partie la plus méridiona-Australes ” ] e ] a Terre ( j e i Pue go, & à s Occident de l’Amérique depuis ladite par-- ” tie méridionale de la Terre del Fuego par la Mer du Sud jusqu’à la partis„ ]a plus septentrionale de l’Amérique, & dans toutes les Terres, Iíles &„ Lieux qui font dans ces limites, qui font réputées appartenir à FEspagne,’ ou que l’on découvrira dans la fuite dans l’étendue de ces limites, pourvuque ce ne soit pas au-delà de trois-cens lieues du Continent de l’Améri-
” q ue du côté de l’Occident, à la réserve du Brésil & d’autres lieux du
” côté de l’Orient, qui font à-présent au Roi de Portugal, & du Pays de" Suriname, qui appartient aux Etats-Généraux. Ladite Compagnie, &' nul autre, trafiquera dans l’étendue de ces limites, & fi d’autres per-
5 sonnes entreprennent de faire Commerce à la Mer du Sud, les Vaisseaux
& les marchandises seront confisqués avec le double de la valeur, un
’’ quart pour le Roi, un quart pour celui qui fera la poursuite, & les deux’’ autres parts au profit de la Compagnie. Elle aura feule la propriété des” Isles, Ports &c. quelle découvrira dans les susdites limites, fous la re-„ devance d’une once d'or annuellement à la Couronne; tous les Vaisseaux, qu’eile prendra comme prises lui appartiendront, & il lui est permis de’’ saisit à main forte tous les autres Vaisseaux Ang'lois qui viendront dans” ces Mers.” Notre Auteur observe judicieusement, qu’il est impossiblede s’imaginer qu’on ait accordé à la Compagnie un Octroi aussi étendupour être absolument inutile, ni que les défenses & les peines puissent a-voir lieu, quoique la Compagnie ne se soit jamais mise en devoir de se pré-valoir des pouvoirs qu’elle a reçus. II conclut de-là, que ce nouveau Corpsdoit faire de nouvelles découvertes, établir de nouvelles Colonies, & faireun nouveau Commerce, conformément aux régies qui lui ont été prescrites,
6 pour le bien général de la Nation. 11 conçoit que c’est-là ce qu’on s’estprincipalement proposé en mettant la direction du Commerce entre les mainsd’une Compagnie particulière.
A l’égard de ce qu’on peut dire, que cette Terre Australe est entiere-ment hors des limites assignées par la Chartre, & qu’il y a même uneclause gui semble l’exclurre absolument, il fait les réflexions suivantes. „Ence cas-là, dit-U, je présume que la Législature ne permettra pas que l’in-„ térét d’une Compagnie particulière soit en. concurrence avec le bien de„ tout un Peuple. C’est sur ce principe, que je dis que la Terre Australe„ est dans l’esprit de la Chartre de la Compagnie du Sud : parceque je pré-' „ fume que l’intention de cet Acte a été de lui accorder dans ces Mers tout
„ le Commerce que les Sujets de la Grande-Bretagne ne faisoient point -„ car si cela n’étoit pas,, que serions-nous en qualité de Puissance M a '„ ri rime? Si un Octroi n’oblige point une Compagnie de trafiquer dansl’étendue des limites qui lui font marquées, & qu’il ait en même rems