z68 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.Section e st i e produit de nos propres Colonies. La réponse est aisée ; c’est que ccsépiceries non seulement coûteroient moins, mais seroient meilleures & ache-ce ê dcf n " tées de nos manufactures ; ce qui est peut-être aussi fort que l'autre.
Espagnols Nous avons toute la certitude que l’on peut avoir en des choses de cet-nu sujet te nature, qu’il croît des épiceries en quelque endroit de la Terre Australe.des Terres Q u { roS en trouva de tout ordre dans le Pays qu’il découvrit. Schouten&LeAustrales j^ aire virent du gingembre & des muscades. Dampier de-même ; & l'Au-». n*.teur du Journal de Roggeveen assure que les Bourgeois libres d’Amboine &'des Moìucques vont tous les ans à la Nouvelle Guinée, & en apportentdes noix muscades.
Nous avons insinué plus haut, que si pendant la derniere guerre avecl’Espagne, la Nation eût pensé à poursuivre les découvertes dans la Merdu Sud, ou auroit pu faire fort commodément un Etablissement dans fillede Juan Remaniez , qui servît également pour former des Colonies, & pourfaire un Commerce avantageux aux Terres Australes. Peut-être la choiepourroit-elle encore avoir lieu, en donnant un équivalent raisonnable à l’Es-pagne. La grande difficulté seroit de persuader aux Espagnols que notreCommerce aux Terres Australes, ne préjudicieroit point au leur avec lesPhilippines, ce que nous sommes persuadés qu’il ne seroit point, ou s’il lefaifoit, ils en seroient dédommagés par les avantages qui en reviendroientaux Pays qu’ils possedent au Mexique & au Pérou.
Projet d’é- Sur le tout il est évident, que fi l’on ouvroit un Commerce avec les Ter-tablir tn;e res Australes , soit par le moyen d’un Etablissement dans VIsle de Juan Fer -Colonie, nandez , qui est comme à moitié chemin, soit dans la Nouvelle Bretagne , ilàsua'à en résnlteroit nécessairement ces trois choses. Premierement, qu’on ou-Fernan- vriroit un nouveau Commerce, qui seroit débiter une grande partie des pro-dez, ou duits & des manufactures de la Grande-Bretagne, dont on ne peut à-présentdans la se défaire nulle part, au moins pas si avantageusement que si l’on en avoit unBrna"ne s' US S ranc ^ ^êbit ailleurs. En second lieu, cela nous rendroit aisée & fami-i. agne. j- er£ un£ ^vigation, qui est à-présent peu commune & effrayante. C’estce qui pourroit procurer des avantages que l’on ne peut prévoir, sur-tout puisque,comme nous savons remarqué, il y a un autre Continent Au-stral encore inconnu. En troisième lieu, cela augmenteroit considérable-ment nos Vaisseaux, & nos Matelots, qui font les boulevards naturels denotre Pays, étendroit notre puissance fur mer, rendroit notre Marine for-midable , & donneroit une nouvelle réputation à' la Nation. On s’imagi-
que la perspective la plus éloignée de pareils avantages, seroit ca-le remplir d’ardéur les plus indifférons, & ceux qui ont le moins de
neroitpable de
zele pour leur Patrie, & leur inspireroit le courage de braver tous les dan-gers , & de mépriser tout ce que l’on pourroit dire contre eux, en les trai-tant de visionnaires, de fe donner tant de peine, dont il ne peut jamaisleur revenir aucun avantage en particulier (*),
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(*) La plus grande partie de ces réflexions se trouve dispersée dans la nouvelle Ëdsstien des Voyages de Hanis, & dans le Recueil François des Navigations aux Terres Ajjj