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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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KIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 3< ? p

Tout le monde fait le prodigieux profit qu’on fait fur les plus frivoles ba- Sictioî»gatelles qu’on échange pour les marchandises des Pays étrangers, sur -touc IV.dans les Indes, où les habitans ne connoiífent pas le prix de celles dont ils Né s l >gen -trafiquent. II n’y a que la concurrence des Européens qui leur fait naître l’i- Espagnolsdée d’en hausser le prix. Quand ils s’apperçoivent que les Européens tâ- au sujetchent de fe prévenir les uns les autres pour les achats, il est naturel que les ‘ leS TerresIndiens en concluent qu’ils doivent avoir des raisons de le faire, & qu’ils Australesen profitent. Mais là où une feule Nation trafique, & où le Commerce est ^ c ‘fous la conduite d’une Compagnie, il n’est pas difficile de tenir les marchan-dises à leur premier prix. N’y ayant point d'émulation ni de concurrenceks Naturels doivent toujours rester dans l’ignorance de la valeur de ce qu’ilsdonnent & de ce qu’ils reçoivent.

Les habitans de la Terre Australe en particulier, semblent devoir avoir Conjeàumune efpece de Philosophie à part, qui consiste à calculer si la peine & ttiihfo.le travail qu’il en coûte pour se procurer certaines commodités de la vie P^ uesne l’emportent pas fur la satisfaction qu’elles procurent. Décidant laquestion affirmativement, ils passent leur tems dans une indolence & une Terres "oisiveté véritablement digne de brutes. Nulle prévoyance, nul foin pour Australes,le lendemain. Ils vivent de ce que la terre produit fans culture , n’ayantd’autres habits que ceux que la Nature fournit; insensibles aux inclémen-ces de l’air, à l’ardeur brûlante du Soleil pendant le jour, & aux vapeurspernicieuses de la nuit; fans aucun sentiment de pudeur, de décence, &dece que la Nature même semble dicter. Nous ne parlons que de quelqueshabitans de la Nouvelle Hollande, dont Dawpkrsa.it le portrait. Us re-gardent les Européens comme des fols, de se donner tant de peine pour deschoses que l’habitude feule rend nécessaires. Mais tout paresseux & igno-rans qu’ils font, il est indubitable que l’Etablissement de Colonies les- amé-neroit à une maniéré de vivre & de penser plus raisonnable. Le penchantnaturel pour la Société que l’on remarque dans tous les hommes, rendroitcette tâche aisée & méritoire ; car peut-on donner une plus grande preuvede bienveillance, qu’en inspirant des fentimens de religion, de vertu &d’humanité à des Nations entières plongées dans la paresse, l’ignorance, &la barbarie la plus profonde?

Mais fans insister fur une chose évidente par elle - même, qu’il nous soitpermis d’ajouter une conjecture, qui semble recevoir du poids de la con-formité qu’il y a entre les traits, le teint & les mœurs des habitans de la 'Nouvelle Guinée, & de ceux des Côtes d’Afrique: c’est que les Negres àgrosses lèvres & à cheveux cotonnés font les habitans primitifs & originai-res de la Zone Torride, les hommes les plus stupides, les plus sauvages& les plus brutaux qu’il y ait fur la Terre. Que ceux qui étoient mieux faits& avec des organes plus délicats, & selon l’expreffion d’un Poète, '

Queis melìore luto sinxit prœcorâia Titan ,

pro-

ftrales. Ainsi nous ne nous attribuons d’autre mérite que de les avoir rassemblées, &adaptées au tems présent & au but de notre Histoire.

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