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Tome second.
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Assassinat dutînc iVKnglufi),

i5 mars i Soi.

3o6 PÉRIODE IX.

piràt de la confiance : c’était de se brouiller à jamais

avec les deux partis qu’ils détestaient également.

Buonaparle résolut de perdre Moreau, dont il re-doutait les principes, et dont la gloire l’offusquoit.Par un tissu d’intrigues et d’espionnages , la police at-tira enFrancePichegru, Georges Cadoudal et d’autreschefs des royalistes, en leur faisant croire que le mo-ment était venu de rétablir la royauté, et que Moreause mettroit à la tête de cette entreprise. Pichegru vitdeux fois son ancien ami ; celui-ci refusa de prendre partà un complot contre le gouvernement : mais il lui répu-gnoit de trahir un homme estimable que Buonaparlehaïssoit, et qu’il avoit nominalement excepté de l’am-nistie. Son silence suffit pour qu’on l’enveloppât dansune prétendue couspiration dont les tribunaux reten-tirent. Pichegru fut étranglé en prison ; l’innocencede Moreau parut au grand jour. Néanmoins Buona-parte exigea sa mort. Par une espèce de transactionles juges consentirent à le condamner à deux annéesde prison ; mais la fermentation que ce procès avoitcausée dans le peuple et les armées donna à Buona-parte la conviction que le séjour de son ennemi,même dans une prison, pourroit lui devenir dange-reux, et il fut bien aise que Moreau préférât un exilvolontaire. Ce graud général, le plus pur de tous lesrépublicains , se rendit en Amérique .

Le procès de Moreau indigna les républicains. Maisil fallut un second crime pour que Buonaparle devîntun objet d’exécration pour les royalistes et pour touthomme ayant du sentiment. 11 avoit fait auprès (leLouisXVIII et des princes de sa maison une démarchepour obtenir leur renonciation au trône de France contre un établissement qu’il leur offroit sur les côtesde Barbarie. Les Bourbons répondirent à une propo-sition si extraordinaire avec dignité et modération-L’un d’eux, le duc d’Enghien, vivoit tranquillementau château d’Eltenlieim, en Souabe . Sans égard pourle droit des gens, Buonaparte , violant le territoire del’électeur de Bade et du corps germanique, fit enlever