DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 305<jui accorda aux Anglois, qu’ils jouiroient cî’une entiere liberté pour leurs Section ;personnes, leurs biens & leur commerce ; qu’ils seroient exemts des Droits *•d’entrée & de sortie: qu’ils exerceroient la Justice, íiiivant leurs usages,àr les criminels de leur Nation ; qu’en cas de mort ils auroient la liberté,à Sc.de disposer de leurs biens & de leurs effets par un Testament; qu’on rece-^i An-*vroit leurs plaintes & qu’on leur accorderoit satisfaction, lorsqu’ils íèroient s'ois auxoffensés par les habitans du Pays; qu’on ne mettroit jamais de prixà leurs marchandises ; enfin qu’ils jouiroient perpétuellement de la liberté deconscience & de l’exercice de leur Religion ( a ). Après avoir heureusementréglé cette affaire, le Capitaine Lancafler trouvant le prix du poivre trophaut, parceque l’année précédente avoit été stérile, il envoya un de ísesVaisseaux aux Molucques, & établit un Comptoir dans l’Isle de Java. IIEe fut pas moins bien reçu à Bantam, qu’il l’avoit été à dchen ; & cetteFlotte eut tant de bonheur, que cela donna de la jalousie aux Portugais,qui commenceront bientôt à rendre aux Anglois tous les mauvais officesqu’ils purent. Lancajìer ayant terminé ses affaires fit voile pour TAn-, gleterre , eut un fort heureux voyage, & arriva aux Dunes dans lé moisde Septembre 1603, à la grande joie de la Compagnie, qui gagna beau-coup (b) (*).
: Jaques L étant monté fur le Trône Tannée suivante, ce Prince conti- Secondésua à la Compagnie la protection qu ’ Elisabeth lui avoit accordée. Cela Expéditionjoint aux profits de la première Expédition, détermina la Compagnie à en^f.hïftenter une seconde (f). On choisit Henri Middkton pour commander trois ^ e "
vais- 1604.
(d) Harrh ubi fup. (f) Lediard H. N. p. 378.
(*) On trouve dans l 'Histoire Générale des Forages de l’Abbé Prévost, le Journal du vo-yage du Capitaine Lancaster à Zanzibar & au-delà du Cap Comorin, en 1591. Sa Flotteé toit composée de trois médiocres Bâtimens. On ne fait fl cette Escadre fut équipée parotdre de la Cour, ou aux dépens d’une Compagnie de Marchands: ce qu’il y a de cer-f ain, c’est qu’il fit des découvertes importantes, quoique le voyage tn lui-inêine fût®}alheureux, l’Amiral ayant perdu toute fa Flotte, & ayant été sauvé par un VaisseauFrançois. Cette expédition fournit de grandes lumières fur la navigation dans des Mersabsolument inconnues aux Mariniers Anglois. Lancafter doubla non seulement le CapÇomorin, mais il côtoya toute la Prefqu’isle deMalacca jufqu’à Junfaleon, Royaume si-sté entre Malacca & le Pégu. On croit mêine qu’en passant le long des Isles de Nicobar,
. Passa le Détroit de Malacca & alla jufqu’aux Molucques; mais Ce n’est-là qu’une con.lecture de l’Auteur du Journal, qui n’est appuyée d’aucune preuve (r).
■ Ct) Purifias parle d’un voyage infortuné que fit le Capitaine iVood en 1596. I.e Che-J a ber Kàr/ Dudhy équipa trois vaisseaux, qui partirent d’Angleterie dans le dessein d’al-er à la Chine , ayant une Lettre de la Reine Elizabcih pour l’Empereur. Mais ils péri-J?vt tous fans qu’il soit revenu personne qui ait donné des nouvelles de leur fort. LesJE u les lumières qu’on ait pu fe procurer viennent d’une Lettre au Roi d’Elpagne & à sonV°nfeil des Indes, écrite par un Auditeur de la Cour Royale de St. Domingue & Juge? e Porto Ricco. Cette Lettre, qui fut interceptée, portoit que Wood avoit pris troisvaisseaux Portugais des Sujets du Roi; car en ce tems-ià le Portugal6t l'Efpagne avojentso même Souverain, & étoient en guerre avec les Anglois. Que peu après il s’étoit ré-Paiìdu uue maladie contagieuse sur la Flotte Angloife, qui avoit emporté tous les équi-
pa-ir) Hist. Gén. d-- Voyages, T. 1. L. II. Ch I«.
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