3 o 6 HISTOIRE DE LA COMPANGNIE ANGLOISESbctios vaisseaux, bien équipés & pourvus de tout. Etant arrivé à BantamL . mois de Décembre, il présenta les Lettres & les présens dont il étoit chargéKxpécîi- m au Roi, qui les reçut très - favorablement ; ayant laissé deux de ses vaif-thns&c. seaux pour charger du poivre, il fit voile avec le troisième pour lesMo-à- lucques, dont les Insulaires le traitèrent très-civilement, ce que les Hol-glois aux landois, anciens Alliés des Anglois , ne firent imi là ni à Bantam. Ils com-Inc ' es ‘ mençoient déja à regarder d’un œil jaloux les succès dune Nation, dont~ les avantages & les talens pour le commerce égaloient au moins les leurs.Ils employerent donc les artifices les plus lâches & les plus bas pour pré-venir les Naturels contre eux, les représentant comme des gens cruels ,perfides & ambitieux, qui fous le spécieux prétexte de trafiquer cachoientde tout autres desseins. Nonobstant] toutes les calomnies le Chevalier Midd-kton se concilia la bienveillance des Rois de Bantam, de Ternate & deTidor (a). Les Hollandois & les Portugais étoient en guerre, moins enleur propre nom, que fous celui des Nations Indiennes auxquelles ils prè-toient leur assistance. Les premiers avoient pris parti pour le Roi deTernate, & les Portugais pour celui de Tidor. Les Ecrivains Hollandoisaccusent Míddleton d’avoir pris parti contre leur Nation; ils avouent cepen-dant que ce fut parcequ’il ignoroit certaines maniérés , dont un étrangernouvellement venu ne pouvoit être instruit ; par conséquent on ne peutjustifier leurs compatriotes fur l’artide de la jalousie & des artifices dont onles accuse, leur seul moyen de défense se réduisant à une faute, qui vintde l’ignorance de l’Arniral Anglois (b). Ce procédé des Hollandois enversnos compatriotes, dans fenfance du Commerce des Indes, fut la source desdémêlés qu’il y eut depuis entre les deux Nations, qui se terminerent parlafatale Catastrophe d’Amboine (*).
(rt) Ledianì, Nav.Hist.Vol.il. (J>) Hist. Gén, des Voyag, T.II.p. 29, 30.
pages, à la réserve de quatre hommes. qui s’étoient mis dans la grande chaloupe a-vec quelques riches effets, & étoient venus aborder à une Isle à trois lieues de St.Domingue, Trois d’entre eux furent surpris & massacrés par les Espagnols, le qua-trième passa fur un tronc d’arbre à St. Domingue. II se fit connoître au Gouver-neur , & lui découvrit toute l’affaire; sur quoi Don Rodrigue de Fucn/et, qui avoit étéà la tête de ceux qui avoient attaqué les Anglois , fut arrêté, & on lui fit restituerle trésor. Pendant qu on faisoít des poursuites contre lui, il fit empoisonner l’Anglois,le seul témoin qu’il p eût contre lui, & par - là avorta le projet de s’ouvrir une rou-te aux Indes (1).
(*) Voici la Relation de l’Abbé Prévois. Les Anglois faisant voile vers Tidor décou-vrirent deux Galères, qui s’avançoient vers eux à force de rames &. dévoilés, avec unPavillon blanc, & qui étoient poursuivies par sept autres Galères. Les deux premiereSfirent des signaux pour marquer qu’elles étoient en peine; jusqu’à ce que l’une étant ar-rivée auprès du vaisseau de Middkton , il en reçut l’équipage fur son bord. Le Roi deTernate s’y trouvoit avec plusieurs de ses Nobles & quelques Hollandois, La seconde,avant que d’être à la portée du canon, fut abordée par les ennemis, qui passèrent toutle monde au fil de l’épée , à la réserve de trois qui se jetterent à la nage, & qui surentreçus par les chaloupes Angloises. Middkton fit voile ensuite pour Ternate, & le Roiavec tout le Peuple, sensibles au service qu’il leur avoit rendu, étoient non feulement
(1) Harrit Col lest, Vol. I, p. jj.