DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII Chap. VI. -307
II seroit inutile de suivre Middleton dans son voyage aux Molucques, & SsctioSde rapporter tout ce qu’il y fit, de-xnême qu’à Lantant; il suffira de dire, I»que deux de ses vaisseaux, ayant fait toute leur cargaison, firent voile pour P remi ff eiì’Europe avant son retour. L’un périt dans le voyage , & il trouva l’autre tilnfSc.en mauvais état au Cap de Bonne - Espérance. II essuya une violente tem- des An- 'pête entre le Cap & l’Europe, pendant laquelle il fit paraître beaucoup 6e giois auxcourage & de fermeté; enfin il arriva aux Dunes le 6 de Mai 1606, chargéde Lettres & de présens de la part des Rois de Bantam & de Tidor pour le ' JRoi Jaques, & avec une cargaison plus riche qu’aueune qui fût encore ve-nue des Indes en des vaisseaux Anglois (a).
Durant l’absence du Chevalier Middleton il partit une autre Flotte pour Voyage deles Indes, fous la conduite de Jean Davis , habile Pilote. Elle arriva à Ban- ^ v f l í crtain trois semaines après le départ de Middleton pour l’Europe. Le Che- j^ rn e e ’Valier Edouard Mìchelbourne , qui commandoit en chef, quoiqu’à de certains aUX indes,égards fous la direction de Davis, apprit des Facteurs du Comptoir Angloisles mauvais offices que les Hollandais ne cessaient de leur rendre, & le ris-que qu’ils couraient d’être exposés à la violence, si la ruse & sartifíce neíuffisoient pas pour les perdre : échauffé par ce récit il leva l’ancre, alla droit àla Flotte Hollandaise, & fit dire à s Amiral que fi l’on troubloit directementou indirectement les Anglois dans leur commerce, il s’en vengerait fur lechamp & le coulerait à fonds. Cette déclaration fut cause que les Hollan-dais se tinrent fort tranquilles, pendant le séjour de l'Amiral Anglois, quifut fort court; car il fut de retour à Portsirfouth au mois de Juin 1606 (b),peu après Farrivée du Chevalier Middleton .
SECTION II. s*™,
Relation du Voyage de Keeling : conduite des Turcs, des Hollandais b des l^hage dePortugais envcrs'lui £? les autres Officiers de la Compagnie, & succès Keeling S?
de différentes Expéditions. pétitions.
T Es premiers voyages avoient si bien réussi, que la Compagnie, déter- Expéditionj minée à profiter de fa bonne fortune, équipa une quatrième Flotte fous® commandement du Capitaine Guillaume Keeling. 11 partit avec _trois.'Usseaux, qui avoient à bord trois-cens-dix hommes, outre les Officiersj sï L Compagnie. A son arrivée à Banda , Keeling trouva qu’il avoit non íèu-e menc à combattre les difficultés qui fe présentent naturellement dans un Com*j 1er ce nouvellement établi, mais encore un nombre infini d’autres quelesHol*
^dois lui suscitèrent. Entre autres moyens qu’ils employerent, il y en a un qui
mé-
(a) Lctiard, p. 390. CO Hîst. Gén. des Voy. T. II. L. II. Ch, 3.
à trafiquer avec les Anglois, mais à lier une étroite amitié avec eux; cette<]Ug It; ‘ on engagea les HoIIandois à répandre des bruits auffi désavantageux aux AngloisW>ìk> à la vérité, Faction même dont i) s’agit ici démentant l’accnsation d’avoirué le Roi de Tidor.