■SectionIII.Dimilisentre les
s3 4 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISELe lendemain de Inexécution on fit par ordre du Gouverneur des ré-jouissances publiques, & on rendit des actions de grâces dune délivrance
aussi
g OI3C5? m. WiiJcH' () Nous, dont les noms font ici marqués, Jean fieaumnt, GuillaumeGrigptV ! i, rlhel l'rice ctc. prisonniers fur le Vaisseau Rotterdam, arrêtés au sujet d’une conspira-
ft tion pour s’emparer du Fort d'Atr.boine , & condamnés à mort à cette occasion »f*. m ‘ „ après avoir été forcés par de cruels tourmens de dire & de confesser ce que nous
borne. ignorions, & ce dont nous sommes innocens, comme nous rassurons en mourant &
,, fur notre salut, nous déclarons que nous mourons fans être coupables, aussi certai-,, nement que nous espérons en la miséricorde divine. C’est ce que nous souhaitions
,, qui soit connu de nos Maîtres , afin qu’ils tirent vengeance des injures que nous
,, avons reçues; & que vous aussi (savoir M. Welden) soyez fur vos gardes , car ils
,, ont dessein de vous envelopper dans la même affaire. Fait à bord le 5 de Mars 1622."La différence du vieux & du nouveau style fait celle qu’ii y a dans les dates. SamuelColfen écrivit à la marge d’un Livre des Communes Prières la déclaration folemnellçqui fuit. ,, Le 5 de Mars. Lâchez que moi Samuel Colfon, ci-devant Facteur â Hito, ai,, été arrêté fur le soupçon d’une conspiration, & de telle autre chose, pour laquelle je sai,, que je dois mourir. C’est pourquoi n’ayant point d’autre moyen de faire connoître mon,, innocence, j'ai écrit fur ce Livre, dans l’efpérance que quelque bon Anglois le verra.•„ Je déclare fur mon salut, selon que j’efpere d’obtenir le pardon de mes péchés par„ la mort & la passion de mon Sauveur, que je fuis innocent d’une telle conspiration;,, & que j’ignore qu’aucun Ànglois, ni personne au monde y ait part. Je prends Die»„ à témoin que cela est vrai
Sam, Ct/Ifon."
. De I’autre côté il avoit écrit: „ vous trouverez fur un autre feuillet que j'ai écrit plus„ dans^ ce Livre.” Suit une Relation des horribles tourmens qu’on lui avoit fait fous'frir & à ses compagnons, une rétractation de tout ce qu’ils ont confessé au milieu de luplus inhumaine torture; une protestation solennelle de son innocence, & un désir ar-dent que ses derniers fentimens puissent passer en Angleterre pour fa justification &pour son honneur (1). [Nous avons suivi nos Historiens à peu près jufqu’au bout, Snous avons donné fidèlement tout ce qu’ils ont compilé des Auteurs de leur Nation fur cet-te tragique affaire ; il seroit à soubaitter que des Historiens qui fe vantent d’impartialítéeussent pesé Its Relations de l’un & de l’autre parti, & qu’ils n’eussent point adopté fl. aisément les odîtufes déclamations de leurs compatriotes : l’intérêt de la vérité ctl’inltruc-tion du Lecteur demandent que nous tâchions de lui faire connoître ce que Jes Hollandoisallèguent pour leur justification.
Nous remarquerons d’abord, qu’immédiateinent après l’aíFaire on donna en Hollandeau Public une Relation du complot des Anglois & des procédures du Conseil d’Atnboinî-'
. la Cour d’Angleterre en témoigna beaucoup de ressentiment, & les Etats-Généraux pourcontenter le Roi de la Grande-Ilretagne défendirent ce Livre; après en avoir obtenu la fup’pression les Angiois y firent une réponse ^2). Ce procédé indique-t-il des gens íi assu-rés de leur innocence, & munis de preuves si évidentes? On peut voir dans l’Auteurque je cite (3) le détail que les Hollandois font de ce qui fe passa à Amboine, je me con-tenterai de rapporter leurs réponses aux allégués des Anglois, que nos Auteurs ont adop-té tout du long. „ De leur côté les Hollandois répliquèrent, que c’étoit-là des raison 5,, recherchées que les Anglois oppofoient k la Relation qui avoit été mise au jour,
„ sujet de cette grande affaire. Dans cette Relation, difòíent-íls, tout le Procès est dé-,, duit. On y voit les preuves ct les confessions , les formalités de justice, qui y 0,lt»» été exactement observées. Ce ne font pas des raifbns.de préjugés, mais de solide 5»> estons. S’il n’est pas possible que sept bu huit Anglois pleins de ressentiment, &
■ ss"
(r) n,i,r„ Voy. Vol. II. p, 187.
[zj Ujik], des Molucq. t. m. p. riS, ris.
(3) ïíid, p. îio-218.