Section
III-
Démêlésentre lesAnglois &?Us Hollan-dois : Affai-re cfKm.'boine.
Suites clncette njfti-re.
Con hâtedas Hol-landois.
33 6 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISECollins & Webber furent amenés devant le Gouverneur, qui dit kSbarrockqu’on l’envoyeroit à Jacatra , où le Gouverneur décideroit de son sort,& aux autres qu’il leur faisoit grâce lui-même par un principe de com-passion. Après quoi il les régala de vin , & leur donna d’autres mar-ques dune fausse & perfide considération (a) , vérifiant par son procé-dé la remarque d’un Poëte ,, qu un homme put flatter & sourire , b êtreun. scélérat.
Tout étant fini ainsi à Amboine, le Gouverneur & le Fiscal se ren-dirent à Banda, pour faire des enquêtes de la conduite de Weíden , A-gent des Anglois dans ces Isles ; mais ils ne trouvèrent rien qui pût don-ner le moindre soupçon, ni les rnettre en état de remplir leurs vues. Ilss’en retournèrent, ayant heureusement échoué dans le dessein de renou-veller cette sanglante tragédie. Welden , qui vit le désordre où lom-boient les affaires de la Compagnie à Amboine, loua une. Pinasse, &. Drendit promptement dans la ville d’Amboine, où il manda tous les Fac-teurs que le Gouverneur Hollandois avoit envoyés dans.les Comptoir>des Anglois ; quand il les eut assemblés, il les examina soigneusement sm’le sujet de la conspiration, & ayant comparé leur rapport avec les décla-rations de ceux qu’on avoit exécutés, il ne put douter que tout cela ncfût un projet prémédité du Gouverneur pour ruiner le commerce des An"glois dans Fille. Welden , voyant qu’il étoit de l’honneur & de Fintérêtde ses Maîtres, de mettre cn fureté les pauvres restes des Anglois d’Am-boine , les. fit embarquer avec lui pour prendre la route de Jacatra. Quantaux effets de la Compagnie qui avoient été saisis , nous ne trouvonspoint qu’il pût jamais obtenir du Gouverneur Hollandois de les lui resti'tuer (b) : circonstance qui, fans autre preuve, condamne les Hollandois,& ne laisse aucun doute fur leurs intentions dans l’esprit de tout hommedépréoccupé& impartial. Les fatales nouvelles de cs^ qui s’étoit passé à Am-boine étant parvenues à Jacatra, le Président & le Conseil Anglois, sass sd’horreur du procédé barbare du Gouverneur & du Fiscal d’Amboine, en-voyèrent demander au Général de quelle autorité le Gouverneur d’Amboi-ne avoit .entrepris d’en venir á de si cruelles extrémités avec les Anglois, #s’il approuvoit ce qui s’étoit fait? Le Général répondit que le Gouvernesd’Amboine tenoit son autorité des Etats-Généraux, & que tant pour le Ci-vil qne pour le Militaire elle s’étendoit à toute la juridiction de son Gou-vernement ; que les procédures qu’on avoit faites contre les Anglois coupssblés de trahison, étoient non seulement justes, mais indiípensablement né-cessaires, comme on le voyoit par la Copie de leur confession, que le. G c 'néral envoya au Président Anglois.
II paroît par-Ià que le massacre d’Amboine n’étoit pas une action ^le Gouverneur & le Fiscal eussent commis de gayeté de cœur, quoique J el Qcaractère naturel eût pu ajouter par rapport à la cruauté & aux circoinhffces, mais un projet fait de saqg froid, & de dessein prémédité pss ^
G) Idem ibid.
G) LediarJ, llisc. Nav, sous Fan 1622.