DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 3 55
quelle s’en servit de façon à en faire sentir tout le poids à ses compatrio-S ecïiohtes, fans leur faire part d’aucun des avantages qu’elle en retiroit. III.
Ayant fait la dépense d’un fi grand armement, la Compagnie fut obligée démêlésd’employer les Vaisseaux, mais ses fonds ne suffisant point pour faire la.cargaison, elle envoya ordre à ses Gouverneurs & à ses Facteurs d’em- /« Hoùan-prunter aux Indes telles sommes qu’ils pourroient fur le crédit de la Com- doi s-.Jfai-pagnie. Plusieurs Navires demeureront fans charge, & on les fit servir pour re f Am-ie fret. Jusques-là la conduite de la Compagnie étoit dans les réglés de la boil>e * _probité, mais ce qui fuit étoit perfide, lâche & indigne de Sujets d’un EmpruntEtat Civilisé & Chrétien. Le Capitaine Hamilton, qui paroît avoir été un E-Inde?.honnête homme qui avoit du sens, nous apprend qu’il a vu une Let- ÍIonteu f ,ttre des Gouverneurs de la Compagnie en Angleterre à leurs Facteurs, qui con tttle ’les chargeoit, après avoir fait valoir leur crédit autant qu’il seroit possible,de chercher querelle à leurs Créanciers, & de ne plus faire de commerce (a)méthode abrégée de payer ses dettes, qui fait voir qu’il n’y a pas d’in-gratitude & de lâcheté si noire, dont le cœur humain, possédé par l’avarice,ne soit capable (*).
Plusieurs Auteurs attribuent toute cette affaire aux intrigues, à l’orgueil dbut que& à l’ambition du Chevalier Jofias Child, & de son frere M. Jean Child, fait p ir Jj si A SChevalier & Gouverneur de Bombay. La maniéré arbitraire dont il
ver -font de leur
O) Hamilton, Vol. I. p. g 7. Ha r ris, Vol. II. .
(*) Mr. Hamilton dit (1) que Bombay fut gouvernée d’une maniéré partiale, peu ré-glée & très-peu politique juíqu’à l’an 1674. Alors le Président Aungier réforma par faprudence & fa modération divers abus qui s’étoient glissés fous les Gouverneurs pré-c édens. Ayant laissé le foin des affaires de Surate à des Lieutenans, il passa à Bom-bay , pour mettre cette Isle en liberté, en y établissant radminiílration de la Justice,stui jufqu’alors avoit été entre les mains d’un seul, qui distribuoit les faveurs au grédu Gouverneur. M. Aungier établit une Cour réglée , où toutes les causes dévoientêtre portées & débattues ; & cette maniéré d’administrer la Justice subsista jusqu’à cestue le Chevalier Jean Chili parvint au Gouvernement. M. Aungier fut le premier quiProposa d’fcnfermer la ville depuis Dungerée jusqu’à la Pointe de Mcndh nn , cela ne s’exé.juta pas néanmoins durant son administration. Cet ouvrage 'étoit destiné à augmenterh gloire de M. Boon, un des Gouverneurs fuivans , qui paroît avoir été à juste titre* e < Héros de notre vertueux Auteur, le Capitaine Hamilton. C’étoit une fortificationtjès-nécessaire pour fe défendre contre les insultes des voisins inquiets & gueux du C011-bnent, comme il parut dans la guerre avec Cannages Angree. L’année qui précéda Par-lée de M. Aungier, les Hollandois envoyerent une Escadre & un Corps de troupesP°ur attaquer Bombay. On les reçut si chaudement à leur descente, & ils trouvèrent'Jne résistance si vigoureuse, à laquelle ils ne s’attendoient point, qu’ils furent bien aisede renoncer à leur entreprise avec perte de trois-cens hommes. Les Gouverneurs de"°tnbay furent en général assez bons, au moins en comparaison de celui qui le devintetl 1082. On dit que le Chevalier Jean Child aux Indes, óc son frere qui étoit á la tê*te des affaires de la Compagnie en Angleterre, avoient fait une espace de complot dePdler, de dépouiller, & d’oppritner tant les Anglois que les Indiens qui étoient fous leurJfrisdiction. Rapporter tout ce qui est dùement attesté fur ltur sujet, ce seroit faire unî'belle Lt non une Histoire: ainsi nous le passerons fous silence, fouhaittant que toute cet-e a ffaire pût être ensevelie dans un éternel oubli.
(j) Vol. I. P. ris.