Z6° HISTOIRE DE LA COMPAGNIE ANGLOISE
Ssctioh mer à Mocha, en Perse, & àBaffòra vers l’Occì dent, & à Bengale, Achen jDémêlés aux ^oluecjues & à Siam en Orient, prirent des Passeports da Général An-entre les §^ s ' siui n’empécherent pas qu’on ne se saisît d’eitx, sans s’embarasser deAnglois £? ^ protection qu’il leur avoit promise & accordée. II ne daigna pas mêmeles Hollan- envoyer personne au Roi, ni faire une déclaration de guerre, ainsi que^red'iF™’ CC ^ a à P^sisiUL parmi les Nations civilisées. II vouloit avoir le teins de re-boine cueillir les fruits de son brigandage , avant que l’on pût faire mar-
' cher des troupes contre lui. C’est ainsi que la Compagnie se trouva enga-
gée dans une querelle qui lui coûta quatre - cens - mille Livres sterling, ou-tre la perte de son crédit auprès du Grand-Mogol & de ses Sujets : traitd’une fausse politique, dont elle ressent encore les effets aujourd’hui. Selonquelles réglés du sens-commun le Général aux Indes, & le Chevalier Chilison frere en Angleterre, pouvoient- ils s’imaginer qu’ils voleraient, pille-raient
& fa charge à Surate, mais le Gouverneur de la ville nous l’arracha par force, & le re-mit à M. Bourchier. Nous demandons que ledit vaisseau & fa cargaison nous soientdélivrés ; qu s^Bourchier en rende un fidele compte, & que le Gouverneur prenne foinqu il n’en détourne rien.
XXiX. Contre les privilèges accordés parle Roi, qui n’obligent qu’à payer un seuldroit des marchandises, les Officiers nous ont forcés ces dernieres années de payer dou-ble droit outre des cafuels, au grand préjudice du Commerce. Nous demandons que leschoses soient rétablies fur le premier pied.
1 XXX. Nous avions ci-devant loué un terrein pour des écuries,que MeerNoffam a ache-té, & dont il nous a privé après que nous y avons eu fait beaucoup de dépense en bâti-mens. Nous demandons d’être indemnisés.
XXXI. 11 y a quelques années que nous avons laissé une ancre à l’embouchure de laRiviere, que Mirzi Mojjìrn a fait tirer. Nous l’avons redemandée en offrant de lui payerses fraix, inais nous n’avons jamais pu l’obtenir. Nous demandons que son fils, la resti-tue fous cette condition.
XXXII. Quand nos vaisseaux arrivent, ils envoyent leurs chaloupes chargées, que l'onarrête tout un jour à la Douane, ce qui empêche le cours des affaires. Nous demandonsqu’elles puissent passer fans obstacle.
XXXIII. Nous apprenons qu’on a enlevé & brûlé plusieurs vaisseaux à Bengale. Commenous n’avons aucune part à cela, nous demandons que Sa Majesté donne ordre que per-sonne ne nous tire en cause à ce sujet.
XXXIV. II y a quelques années que le SeJee passa l’hiver à Bombay, avec la Flotte duRoi; pendant son séjour quelques-uns de ses gens tuerent deux Anglois, ce qui engagea nosgens à vouloir venger leur mort , mais on les appaifa en leur donnant les plus fortes assu-rances qu’ils auroient toute la satisfaction possible. Le Gouverneur emprisonna à-la-vé-rité les meurtriers fur nos plaintes , mais il les relâcha au bout de trois jours. Nous de*mandons qu’ils soient livrés pour être punis.
XXXV. S’il nous arrive de demeurer en partie de plaisir jufqu’à ce que les p 01 ’’tes de la ville soient fermées, ' le portier refuse de nous laisser entrer fans payer-Nous demandons que le Gouverneur donne ordre que ces canailles ne nous fassentplus affront (i),
Tel étoit le Mémoire de griefs que le Général Chihl présenta, & qui servit de pru'texte à une guerre, fans avoir jamais envoyé ses plaintes à la Cour. Un Lecteur judicieuxremarquera fans peine , combien plusieurs de ces griefs font vains, frivoles & absurdes»combien ssautres font injustes; & qu’ils font couchés d’un air d’autorité insolent,ridicule qu’imprudent.
Ci) Hnmìlviiii Hist. of che East luths. Vol. I.