252 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES r T ART ARES-Section Riíbí'uquis dit que du tems de Mangbu Khan, les Mogols , outre Je vinL qui leur venoil des Pays étrangers, • compoíòient une très-bonne boissoiláìesMm- à ris, de mil & de miel, qui étoit claire comme du vin, mais que leursgols. liqueurs favorites étoient le Cosmos, que d’autres nomment Kuntis ou Kimìs,
---- & le Caracosmos. Le Cosmos se fait de la maniéré suivante: ils remplif-
.Kofmos ou sent un grand vaisseau de lait de cavalle, le battent bien avec un bâton,Kims. . g r0S p ar j e b as comme la tête d'un homme, & creux: quand ils l’ont bienbattu, le lait commence à bouillir ou à fermenter comme du vin nouveau,& à s’aigrir comme du levain ; ils continuent à le battre jufqu’à ce qu’ilsen ay en t tiré le beurre, ensuite ils le goûtent, & s’ils le trouvent assezpiquant, ils én boivent ; car il pique la langue comme du vin rafpé-, &laisse fur la langue un goût d’amande. 11 réjouit le cœur, enivre quel-quefois ceux qui n’ont pas la tête bien forte, & est diurétique.
Le Caracosmos , ou Cosmos noir , est pour l’usage des Grands, & fe faitde cette maniéré : ils battent le lait jusqu à ce que le plus épais aille aufond du vaisseau, comme fait la lie du vin, le plus pur & le plus subtildemeure dessus, comme un petit-lait frais. Ils donnent ce qui est au fondà leurs domestiques , ce qui les fait dormir. C’est, dit l’Auteur, uneboisson fort agréable , & qui a de grandes vertus (a).
Ils simt Tous les Tartares en général aiment la boisson, car lorsqu’ils peuvent
grands avoir des liqueurs fortes, ils ne cessent point d’en boire jufqu’à ce qu’ilsBuveurs, bombent parterre. Lorfqu’ils veulent fe réjouir entre eux, ils apportentchacun de son côté autant de boisson forte qu’ils peuvent ramasser, & ilsfe mettent à boire nuit & jour fans quitter la place jusqu a ce qu’ils ayenctout bu jufqu’à la derniere goutte. Ils aiment aussi extrêmement à fumer ;& l’une & l’autre passion est forte à proportion qu’ils font plus vers le Nord(£).Commer - Comme ces Peuplés n’ont point de Manufactures, ils troquent tout cece - dont ils peuvent avoir besoin,des Russes, des Bukhares,& de leurs autresvoisins contre du bétail : ôc il est impossible que le commerce puisse ja-mais fleurir dans la Tartarie, comme du tems de Jenghìz Khan , tant quecette vaste Région est partagée entre plusieurs Princes, dont les uns tra-verseront toujours les desseins des autres. D’ailleurs les Tartares Maho-métans pillent les Caravannes, & éloignent les Marchands qui viennentde l’Ouest. 11 est vrai que du côté de la Sibérie, de la Chine & des Inides, ils y peuvent aborder en toute liberté. Ceux de la Chine viennenten foule chez les Mongols, & leur portent du'ris, du thé bohé, qu’ilsappellent Karacabay , du tabac, de la toile de cotton, & d’autres petitesétoffes, outre plusieurs sortes d’ustensiles dont ils peuvent avoir besoin (c).Ils rien Comme les Tartares Payens menent une vie fort simple, ils ne s’appli-font point n ue nt pas tant à faire des esclaves pour les servir, que le font les Tarta-a Jc aves. r£s jyj a l 10sll étans ; car cpmme tout le bien des premiers consiste dans leurbétail, poiir la gatde duquel^ ils n’ont besoin, que de leur seule famille, ilsn’ont gardé de fe charger de bouches inutiles. II n’y a donc que les Khans
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(/z) Ruhntwjs Voy. en'Taré Ch t IV, VI. ( c ) Ut J. p. 701, 244, 245.
(/■) Abulghad Khan , p. 6z.