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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DEPUIS GANGIZ KHAN. Liv. III. Chap. II. 253

& les Tayk qui : gardent des esclaves, quand ils en font fur leurs enne- SsctioUmis, & le reste est reparti parmi leurs sujets pour en augmenter le nom- I -

bre, ce qui augmente en même tems leur revenu. Mais les TartaresMahométans ne font souvent la guerre à leurs voisins que pour faire des g 0 i s>esclaves, dont ils gardent pour leur service autant qu’ils en ont besoin, & ^

vendent le reste. Ce commerce va même st loin chez les Circaffes, lesTartares du Dhagejlan, & les Tartares Nogais , que faute d’autres escla-ves ils se volent leurs enfans les uns autres pour les vendre, & s’ils n’enpeuvent point attraper qui soient à d’autres,ils vendent les leurs propres,

& fur-tout leurs filles, si elles ont quelque beauté, de même que leursfemmes, quand ils en font las ou m écontens. En un mot, comme le com-merce des esclaves fait toute leur richesse, ils n’épargnent ni amis ni en-nemis , quand ils trouvent foccasion favorable d’en faire (a).

Les Eluths prennent autant de femmes qu’ils veulent (*) , outre les Po/yga-concubines qu’ils choisissent parmi leurs esclaves; mais les Tartares Ma-.®*-hométans observent quelques degrés de parenté, dans lesquels il leur estdéfendu de se marier, au-lieu que les Tartares Païens n’ont égard à aucundegré de parenté , à l’exception de leurs meres naturelles : notre Au-teur croît que cela vient de ce qu’elles sont déja vieilles., plutôt qued’aucune loi qui les en empêche , parcequ’il n’est pas extraordinairechez les Eluths & les Mongols qu’un pere prenne fa propre fille pourfemme; dès que leurs femmes approchent de sage de quarante ans,ils necouchent plus avec elles, & ne les gardent tout au plus que comme des ser-vantes, qu’ils nourrissent pour avoir foin du ménage, & pour servir lesjeunes femmes qui occupent leur place.

Les enfans qui naissent des concubines sont également légitimes, & Leurs En-habiies à hériter de leurs peres; avec cette feule différence, que fi le pe- fans.re a été Khan ou Chef de quelque Tribu, les fils des femmes légitimessuccèdent toujours préférablement à ceux qui font nés des concubines. Lesenfans des femmes publiques font regardés avec mépris & succèdent ra-rement à leur pere, sur-tout parmi les gens de distinction, par la raison qu’onne peut pas savoir, si un tel enfant ne doit pas fa naissance à un autrequ’à celui qu’une créature de cet ordre en déclare le pere. La polygamieest moins onéreuse aux Tartares qu’à la plupart des autres Peuples de l’A-sie, parceque leurs femmes leur font d’un grand secours & de peu de dépen-se; les vieilles fervent à avoir foin du ménage, à prendre garde au bé-tail , en un mot à pourvoir entierement à la subsistance de la famille, de-forte que le mari n’a rien à faire qu’à dormir & à fe divertir du mieuxqu’il peut.

Rien n’égale le respect que les enfans de tout âge & de foute RespcScondition rendent à leur pere , qu’ils considèrent comme le Louve- pour lestain de la famille: mais ils n’ont pas les mêmes égards pour leur mere, à l ‘ tres -

moins -

(a) Ibi'd. p. 141-143-

o Germon dit que- quoique la Polygamie ne soit plus ^fendue parmi tes Mongols >ils n’ont ordinairement qu’une femme. Dn Htilai-, i. rv. 1 - 4 >

ô