DEPUIS GANGIZ KHAN. Liv. III. Chap. II. 253
& les Tayk qui : gardent des esclaves, quand ils en font fur leurs enne- SsctioUmis, & le reste est reparti parmi leurs sujets pour en augmenter le nom- I -
bre, ce qui augmente en même tems leur revenu. Mais les TartaresMahométans ne font souvent la guerre à leurs voisins que pour faire des g 0 i s>esclaves, dont ils gardent pour leur service autant qu’ils en ont besoin, & ^
vendent le reste. Ce commerce va même st loin chez les Circaffes, lesTartares du Dhagejlan, & les Tartares Nogais , que faute d’autres escla-ves ils se volent leurs enfans les uns autres pour les vendre, & s’ils n’enpeuvent point attraper qui soient à d’autres,ils vendent les leurs propres,
& fur-tout leurs filles, si elles ont quelque beauté, de même que leursfemmes, quand ils en font las ou m écontens. En un mot, comme le com-merce des esclaves fait toute leur richesse, ils n’épargnent ni amis ni en-nemis , quand ils trouvent foccasion favorable d’en faire (a).
Les Eluths prennent autant de femmes qu’ils veulent (*) , outre les Po/yga-concubines qu’ils choisissent parmi leurs esclaves; mais les Tartares Ma-.®*-hométans observent quelques degrés de parenté, dans lesquels il leur estdéfendu de se marier, au-lieu que les Tartares Païens n’ont égard à aucundegré de parenté , à l’exception de leurs meres naturelles : notre Au-teur croît que cela vient de ce qu’elles sont déja vieilles., plutôt qued’aucune loi qui les en empêche , parcequ’il n’est pas extraordinairechez les Eluths & les Mongols qu’un pere prenne fa propre fille pourfemme; dès que leurs femmes approchent de sage de quarante ans,ils necouchent plus avec elles, & ne les gardent tout au plus que comme des ser-vantes, qu’ils nourrissent pour avoir foin du ménage, & pour servir lesjeunes femmes qui occupent leur place.
Les enfans qui naissent des concubines sont également légitimes, & Leurs En-habiies à hériter de leurs peres; avec cette feule différence, que fi le pe- fans.re a été Khan ou Chef de quelque Tribu, les fils des femmes légitimessuccèdent toujours préférablement à ceux qui font nés des concubines. Lesenfans des femmes publiques font regardés avec mépris & succèdent ra-rement à leur pere, sur-tout parmi les gens de distinction, par la raison qu’onne peut pas savoir, si un tel enfant ne doit pas fa naissance à un autrequ’à celui qu’une créature de cet ordre en déclare le pere. La polygamieest moins onéreuse aux Tartares qu’à la plupart des autres Peuples de l’A-sie, parceque leurs femmes leur font d’un grand secours & de peu de dépen-se; les vieilles fervent à avoir foin du ménage, à prendre garde au bé-tail , en un mot à pourvoir entierement à la subsistance de la famille, de-forte que le mari n’a rien à faire qu’à dormir & à fe divertir du mieuxqu’il peut.
Rien n’égale le respect que les enfans de tout âge & de foute RespcScondition rendent à leur pere , qu’ils considèrent comme le Louve- pour lestain de la famille: mais ils n’ont pas les mêmes égards pour leur mere, à l ‘ tres -
moins -
(a) Ibi'd. p. 141-143-
o Germon dit que- quoique la Polygamie ne soit plus ^fendue parmi tes Mongols >ils n’ont ordinairement qu’une femme. Dn Htilai-, i. rv. 1 - 4 >
ô