254 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARESSection moins qu’ils ne lui ayent des obligations particulières. - Ils doivent píeti-*'Cout'unes rer P' u) i“ urs jours la mort d’un pere, & renoncer pendant ce têms-ià à rM Mon- toute forte de plaisirs, < 5 1 les fils doivent même s’abstenir du commercegols. de leurs femmes. 11 s font obligés de ne rien épargner pour rendre les fu-
-— nerailles de leur pere honorables, & ils doivent du moins une fois par an
aller faire leurs dévotions an tombeau paternel, pour fe rappelier les obli-'gâtions infinies qu’ils ont à ceux de qui ils ont reçu le jour.' Les Tarta-res Mahométans font moins exacts à rendre ces devoirs aux Morts (a).Lcun Sc- Les Mongols brillent les corps de leurs morts, & vont enterrer les cen-pilntrcs. elfes f ul - quelque hauteur: ils tont un amas de pierres fur la folle, & yplantent quantité de petits étendards ( b ). La plupart des Tartares Païensont la coutume d’enterrer avec le mort son meilleur cheval & les plusprécieux de ses meubles, pour pouvoir servir à son usage dans l’autre-Monde. 'En plusieurs endroits vers les frontières de la Sibérie on voit depetites collines, fous lesquelles on trouve des squelettes d’hommes &;de chevaux , avec plusieurs fortes de petits vases & de joyaux d’or & d’ar-gent; on y trouve même des squelettes de femmes avec des bagues d’oraux doigts. Comme cela ne convient pas à f état des habitans d’aujour-d’hui, on ne peut douter que ce ne soient les tombeaux des anciens Mon-gols, qui moururent dans ces déserts, après être revenus de l’Asie Méri-dionale qu’ils avoient pillée, & qui enterrerent avec les morts des vais-seaux d’or & d’argent & d’autres choses précieuses, tant qu’ils en eurent.Les prisonniers Suédois qui étoic-nn en Sibérie, de même que les Rusliens,aboient par grandes troupes à la recherche de ces tombeaux jusques bien•avant dans les terres des Eluths ; mais comme ceux-ci tuerenc en diver-ses occasions bon nombre de ces avanturiers, on défendit sévèrement cessortes de courses dans la fuite. Cette conduite des Eluths, d’ailleurs lìpacifiques, prouve qu’ils regardoient ces tombeaux comme ceux de leursancêtres , pour lesquels cous les Tartares Païens ont une vénération ex-traordinaire (c).
Ancien s ^ cette occasion nous rapporterons ce que le Cordelier Rubrtiquis, qui
Tombeaux. ^ à la Cour de Mangu Khan , écrit de la sépulture des Comansou Peuples du Kipchak. Ils élèvent un tertre fur la sépulture du mort,& lui dressent une statue, le visage tourné vers fOrient, & tenant unecoupe à la main vers le nombril. Aux Riches & aux Grands ils dressentdes pyramides ou petites maisons pointues; fAuteur trouva en d’autres en-droits de grandes tours de brique, & en d’autres des maisons bâties depierre, quoiqu’en ces quartiers-là on ne trouve point de pierres. Ils laif-\ sent communément un des chevaux du mort auprès de son tombeau. Ru-
bruquis vit un sépulcre où ils avoient suspendu seize peaux de chevalfur de grandes perches, quatre à chaque face du Monde; il y avoit aussidu Cosmos pour boire & de la chair pour manger; mais-ce Voyageur n’apu savoir s’ils enterrent des trésors avec les morts. II remarqua d’au-tres
(a) Abulghazi Khan ,p. z s, r 34,619,444. (r) Jhu’ìghazi Khan ,-v. 242-244.
Q) Du lliiik T. IV. p. 45.