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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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26 o HISTOIRE DES MOGOIS ET DES TARTARES

Section comme Dieu & le Souverain Maître du Ciel & de la Terre, mais aussili. qu’il communique fa Divinité à ses Serviteurs élus, qui officient en fa pla-R'iígion ce c j ans j es diverses parties de fa domination spirituelle. Ce font-là les Vi-íol« M ° n " caires ou Lieutenans du Dieu du Tibet -, appelles en Langue Mongoleg ° s ‘ Khûtâktû , dont il y en a plusieurs dans la grande Tartarie. Le Khûtûktíldes Mongols fait fa résidence à Khûkhú Hotûn , dont a parlé dans la des-cription de ce Pays ; il y vit avec beaucoup de splendeur , & y reçoit lesadorations des Mongols, qui y viennent en pèlerinage pour le visiter, avecautant de dévotion que les Catholiques-Romains vont à Rome.

Le Khû- Le Jésuite Gerbillon, qui en idgB accompagna les Ambassadeurs detiUtíi ie$ bi à Khíàhû Hotûn, y vit le Khûtûktû, qui étoit un jeune homme d’envi-Mongols. ron vingt-cinq ans. Car, quoique les Lamas disent qu’il ne meurt jamais,ils avouent qu’il difparoît quelquefois , & assurent que lorsque son ame sesépare de son corps , elle rentre immédiatement dans celle d’un jeune en-fant , que les Lamas reconnoissent : aussi les appelle-t-on communémentFushái ou le Fo viv mt (*), & on les adore comme des Dieux fur la Terre.Celui que le P. Gerbillon vit, avoit le visage fort long, & un physionomieassez platte. II étoit sur une estrade dans le fond du Temple, assis fur deuxgrands coussins, l’un de brocard & l’autre de satin jaune. II y avoit plu-sieurs lampes de chaque côté , dont une feule étoit allumée. Un grandmanteau de damas jaune lui couvroit le corps depuis la tête jusqu’auxpieds, en forte qu'on ne lui voyoic que la tête, qui étoit nue ; ses cheveuxétoient frisés , & son manteau étoit bordé d’une espece de galon de soiede différentes couleurs, large de trois ou quatre doigts, à peu près com-me le font les chapes des Prêtres, auxquelles le manteau de ce Lama neressembloit pas mal. Toute la civilité qu’il fit aux Ambassadeurs, fut de re-cevoir debout leurs respects, ou plutôt leurs adorations ; quand ils furent àcinq ou six pas de lui, ils jetteront d’abord leurs bonnets à terre, puis ilsfe prosterneront trois fois , frappant la terre du front ; ils allerent ensuitel’un après l’autre fe mettre à genoux à ses pieds ; il leur mit la main fur latête , & leur fit toucher son chapelet. Les Ambassadeurs fe retireront &l’adorerent une seconde fois, & puis le Dieu prétendu s’étant assis le pre-mier les Ambassadeurs prirent leurs places fur des estrades préparées dechaque côté. Les gens de leur fuite vinrent pareillement à l’adoration, &reçurent l’imposition des mains & du chapelet. On apporta alors du ThéTartare , & pendant que le prétendu immortel prit une coupe de porce-laine de dessus un piédestal d’argent, le P. Gerbillon remarqua qusii avoitles bras nuds jufqu’aux épaules, & qu’il n’avoit point d’autre habillementfous son manteau que des écharpes rouges & jaunes, dont son corps étoitenveloppé. Après qu’on eut desservi la collation , on s’entretint quelquetems; l’idole vivante garda fort bien fa gravité,- il ne dit que cinq cu six

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(*) En Chinois IIo-Fo: dans le Tibet on le nomme Lama Ronju; & suivant le JésuiteC rueber , les Chinois & les Taitares Rappellent Dieu le Pere. On le nomme auffi LamaLamalu , te Lama des Lamas, & Dalay Lama, ou le grand Lama, parce qu’il est com-me le Pape de ces Pays.