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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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264 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARES

Section Les Mongols demeurèrent pendanc longtems indépendans fous leurs dî-iii- vers Khans, après s’être partagés en trois branches; mais aujourd’hui lesGa en 7 des' ^iuths ieuls conservent une entiere Souveraineté , les Mongols & lesKal-MongoL kas étant devenus sujets desManchéous, qui règnent à la Chine, en deux--— différentes occaíions.

Les Mon- Après q ue vers le milieu du quatorzième siecle les descendans de Jenghizémettent**' Khan eurent été chassés de la Chine, les Princes de cette famille s’empa-aux Mm- rerent de quelques terres, & formerent differentes Hordes ; cependant lecitons. titre de Khan demeura au principal de ces Princes, qui s’appeiíoit Chahar

Kìnn, ôc qui descendoit de l’Empereur Hubelay ou Kublay. Les autresPrinces Mongols & les Eiuths, mêmes lui payerent tribut jusques vers lecommencement du seizième siecle (*) , que le fondateur de la Monarchiedes Manchéous fut appellé par les sujets mémes de Chahar Khan , qui parses débauches & fa cruauté avoit rendu fa domination odieuse & insup-portable. L’Empereur Chinois l’obligea de quictér te titre de Khan pourprendre celui de Vang, & soumit entieremenc les Mongols qui font au-tour de la grande muraille (a).

Leur Cou - Les Manchéous, après avoir fait la conquête de la Chine, conférèrent

veme- aux plus puissans de ces Princes les Dignités de Vang , de Pey-lé , de Peysé ,

ment. j{ on g àc. qui répondent aux titres de Régulo, de Prince, de Duc, de

Comte &c\ lis les partagèrent en quarante-neuf banieres, & assignèrent unrevenu fixe à chacun des Chefs de ces Etendards; ils réglèrent les limitesde leurs terres, & établirent des Loix suivant lesquelles on les gouverneencore aujourd’hui. II y a à Peking un grand Tribunal, nommé le Tri-bunal des Mongols, où l’on appelle des jugemens rendus par leurs Prin-ces mêmes, qui font obligés de comparoître à ce Tribunal lorsqu’ils y fontcités. On a mis les Kalkas fur le même pied depuis qu’ils font vassauxde la Chine (/-).

Grand Les divers Pays des Mongols, même les moins bons, qui font secs, sa-nombre de blonneux & froids, comme Korchin, Oh an, Nayman & íurbedé , ne lais-Pnnees. p ent p aS ^ fournir â l’entretien d’un bon nombre de Princes. La feulemaison de Korchin avoit, quand les Missionnaires passeront en 1710, huitou neuf de ces Princes, distingués par les différentes Dignités dont nousavons parlé, donc le nombre n’est point fixé, puifqu’il dépend de la vo-lonté de l’Empereur de la Chine, qui est à leur égard le Grand-Khan,qaì les éleve ou les dégrade, suivant les informations qu’il fait faire deleur bonne ou mauvaise conduite. Quand ils sont sans titre ou fans com-mandement militaire on les nomme Tayghi (f) ; ils ne laissent pas d’ècrerespectés par les Mongols de leur Pays,comme les Maîtres de leurs terres;car ces Mongols font en effet les esclaves de leurs maisons.

Ces Princes ont dans leur air & dans leurs maniérés quelque chose qui

les

O) Du Halde , T. IV. p. 6Z. O) Idem. ibid.

r (*j II paroit par-là que Chahar Khan n’étoìt qu’un titre, pnifque ce Prince ne peutavoir vécu deux siécles & au-delà

(t) Les Chinois prononcent Tay-hí, & les Ruslìens Tayshi ou Tayéa.