DEPUIS JÊNGHIZ KHAN. Liv. III. Chap. II. 265
les distingue de leurs sujets, qui, quoiqu’ils se nomment esclaves en par • Sectionlan t à leurs Maîtres, ne font point traités d’une maniéré dure, & ont l’accès 11L
libre auprès d’eux pour les moindres affaires: mais cette espece de fami- Meudcs*’Jiarité ne diminue en rien de leur respect, qu’on leur inspire dès leur plus MongoL.
tendre enfance (a). > --
On ignore en quel tems les Mongols , qu’on appelle Kalkas , ont pris Les Kal-ce nom. Au commencement ils n avoient qu un Khan, qui auiîi bien que ^ as Mom-ies autres des Mongols & des Eluths payoit tribut à Chahar Khan , dont e ofs /*/««-nous avons parlé. Mais les Kalkas s etant tort multipliés, & les Princes Kang-hi?descendans de Kublay , qui ne portoient que le nom de Tayki , étant engrand nombre, ceux qui se trouvèrent les plus puissans, se rendirent peuà peu indépendans les uns des autres, & de leur Khan même, à qui ilsne rendirent plus qu’un léger hommage. On assure qu’avant Tannée 1688il y avoit environ six-cens-milïe familles de Kalkas, qui étoient diviséesen sept étendards, lesquels avoient chacun leur Chef, dont trois avoientobtenu du Dalay Lama du Tibet le titre de Khan, quoique les Taykis neleur accordassent d’autre supériorité que celle de leur céder la premiereplace dans les assemblées qu’ils tenoient entre eux. Mais en Tannée r 688Kalclan Pojoktu Khan des Eluths les attaqua pour se venger du Khûtûktû ,qui s’étoit révolté contre le Dalay Lama, & qui avoit été cause de la mortd’un Khan. Les Khans des Kalkas après avoir perdu la moitié de leurssujets, implorèrent la protection de Kang-hi Empereur de la Chine, auquelaprès la guerre deux d’entre eux se soumirent avec leurs sujets. 11 les par-tagea comme les Mongols en Sbajsaks ou étendards, conféra de nouvellesdignités à leurs Princes, & leur assigna des terres pour leur subsistance.
"Tushetu ou Tushektu, le plus puissant de leurs Khans, dont les terres Puisants’étendoienc le long des rivières de Selinga,d’Orkhon & de Tu la jusqu’au a "J° ur 'Mont Kentay, après avoir été défait par les Eluths, s’enfuit, mais avec dhuLpeu de gens ; la plupart se retirerent dans les Bois au Nord de la rivierede Tula, & s’étant ensuite soumis à TEmpereur, ils furent divisés en troisétendards , fous autant de Chefs (b). Mais d’autres Auteurs prétendentque cette fourmilion n’est au fond qu’une soumission précaire & honoraireobtenue par les intrigues des Lamas ; que son fils Tuihidtu Khan , qui avoiten 1720 un Urga ou Camp-fur les bords de la riviere d’Orkhon, à douzejournées au Sud-Est de Selinghinskoy, étoitfort puissant, & que plusieurspetits Khans, qui habitent vers les sources du Jéniséa & le grand Désertde Kobjlui sont tributaires; que bien loin de payer le moindre tribut àTEmpereur de la Chine, il ne se passe point d’année que ce Monarque nelui envoyé des présens magnifiques ; & les ménagemens què la Cour dePeking garde avec ce Prince, font voir qu’on le redoute plus qu’aucunde ses voisins, parce que s’il lui prenoit jamais fantaisie de s’accommodera-Vec les Eluths, la Maison régnante à la Chine auroit tout à craindre (c).
Les Eluths , qui étoient dans les commencemens tributaires de Chahar Oouvenx -
Khan, mcnt
Eluths.
(//) Idem, p. 22, 23. (í) /lhu'lsazi Khan, p, 17c, 171.
(D Du Ilaìde , T. IV; P. 54 - 55 - 58 , 59 -J orne XVì K L 1