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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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266 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARESSscTïOìf. Khàn, de même que les Kalkas, se rendirent indépendans dans la fuite, ôç

11 l. forment à présent la plus nombreuse branche des Mongols. 11 s se rendi-Gouveme- reni ^8 - redoutables dans le siecle passé ; car après avoir soumis la petiteBukharie fous le fameux Kaldan Pojoktu , ils ruinèrent les Kalkas, & me-1 0^0 na cerent la Chine même avec une poignée de monde; mais Kaldan futenfin défait, non fans peine. Depuis ce tems-là ils se sont tenus renfer-més dans les bornes de leur Pays, & ils ont moins inquiété leurs voisinsqu auparavant.

Leun Leur Khan, qu’on appelle !e K ont ay ki ou le Grand-Seigneur, est unForces. Prince très- puissant, qui peut mettre plus de cent-mille hommes en cam-pagne (a), on doit observer à cette occasion, que les Taykis font considé-rés de leurs Khans à proportion que leurs Hordes ou Tribus font nombreu-ses ' & que les Khans ne font redoutables à leurs voisins qu’autant qu’ilsont beaucoup de Tribus, & des Tribus composées d’un grand nombre defamilles fous leur obéissance; c est en quoi consiste toyte la puissance, larichesse & la grandeur d’un Khan (b).

Leurs Les Armes des Eluths sont de grands arcs avec des fléchés proportion-Annes. nées, qu’ils tirent avec beaucoup de justesse & de force; & l’on .a vu,à l’occasion des démêlés que les Russes eurent avec eux en farinée 1715par rapport à certains établissemens fur la riviere d’Irtìsh, que d’un coupde fléché ils perçoient un homme de part en part. 11s ont aussi de gran-des arquebuses, de plus de six pieds de long, dont le canon a plus d’unpouce depaisseur, & ne tire pourtant qu’une baie du calibre du petitdoigt;ils les appuyent fur une fourche,y mettent le feu avec une meche,& tirent à coup sûr à six-cens pas de distance. Loríqu’ils font en marcheiîs portent ces arquebuses fur le dos, suspendues à une courroye, & lafourche pendue au côté droit. Comme ils n’ont pas d’Infanterie, & qu’ilsne font jamais la guerre qu’à cheval, ils se servent tous de lances, & laplupart portent des cottes de maille & des calottes de fer: peu d’entreeux portent des sabres, à l’exception de leurs Commandans,& ils îes por-tent à la maniéré des Chinois la poignée en arriéré, & la pointe en avantpour les pouvoir tirer par derriere, ce qui est bien plus commode. LesCommandans sont ordinairement les Chefs des Hordes, enforte qu’unetroupe est forte, félon que la Horde est plus ou moins nombreuse. . Laplupart des Tartares, en montant à cheval, suspendent leurs arcs au côtégauche dans une efpece d’étui, mais ils portent leurs carquois fur le dos.La gauche est la place d’honneur dans presque touc f Orient, & fur-toutparmi les Tartares Mahométans.

Maniéré Ils tirent leurs fléchés avec autant d’adresse ÇN fuyant qu’en avançant,' de combat- au fl] a iment-ils mieux attaquer à quelque distance que de près, à moinsus ’ qu’ils n’ayent beaucoup davantage. Dans le combat ils ne connoissenfpoint la méthode des lignes & des rangs, mais ils vont à la charge partroupes, avec chacune son Commandant à la tête. Les lanares ®nt tou-jours été fort habiles à combattre en fuyant, comme nous le voyons par

Oui n-

(fi) ibìd. p. s r.

Qyibid. p. 84.