DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Ciiap. IV. 455
fa commission à toute rigueur, & ruina presque enrierement le district de SectiosKya-ting-fu, Les troupes qui étoient devant Syang-yang & Fanching, I.Voulant prendre ces deux villes par famine, le Général Chang-hong-fang Le re ** cfit de nouveaux retranchemens fur la montagne de Van. Au mois de JuinUne Flotte des Song parut devant Lûmen, fur laquelle il y aV oit cent- Empereurmille hommes avec des provisions pour les assiégés. Achu, quicomman- des Mo-doit à Lûmen,dissipa cette Flotte, prit quantité de barques, toutes sortes gols ,/»/*d’armes, & fit un grand butin. 4 H ’ en
Luven-wangh Gouverneur de Syang-yang fouffroit beaucoup, & ne voyoit I2?4 ‘aucun jour à faire des sorties avec succès. Au commencement de fan Le cw.1272 il fit faire plusieurs fagots d’herbe, dans un desouels étoit un homme vcmeurqui favoit plonger, & demeurer longtems dans l’eau fans boire ni manger. ^ u ^ >veÏ1 avoit dans ses cheveux une lettre écrite íur de la cire, pour avertir leGouverneur de Ganlo, ville du Hu-quang, de f extrémité où il fe trou-Voit. Les fagots furent lancés à seau, mais ils furent pris avec le porteurde la lettre. Le Gouverneur de Ganlo étoit Li-ting-chi, homme d’uneexpérience consommée, d’une fidélité & d’un zele héroïque pour les inté-rêts de son Prince. II avoit ordre de garder toutes les embouchures desruisseaux & des rivières qui fe déchargent dans le JHan. Sur un de cesruisseaux, nommé Tsmg-ni , il fit faire cent barques plattes & légeres, doncil en fit joindre trois ensemble pour en faire une grande, & il fit faire desponts à toutes les autres. Trois-mìlle soldats natifs de Syang-yang, deGanlo & du Chansi,s’offrirent à monter ces barques, & à aller au péril deleur vie au secours de Syang-yang. Chang-quey & Cban-sbun , qui passoientpour intrépides, demanderont à commander ces trois-miile hommes. Luting-cbi donna de grands titres à ces deux Officiers, distribua des récom-penses aux soldats, & munit la grande barque de toute forte d’armes & deprovisions.
On étoit dans le mois de Mars, & la rivière étoit grosse ; vers les dixou onze heures du soir, nos deux intrépides encrèrent dans Je Flan kKoteu -byang , & là ils rangerent leur petite Flotte. Chang-quey fe mit à la tête,
& Chang-sbun faisoit f arriéré-garde : & quoiqu’ils eussent le vent & lecourant contraires ,ils paííerent devant les retranchemens des Tven, & par-vinrent à l’Est de Mobongtan. Les Ivcn avoient tendu des chaînes par-tout, & à la vue des barques des Song ils rangerent les leurs en ordre,barrant la rivière, desorte qu’il paroissoit impossible d’avancer. Tout celan’empêeha pas Chang-sbun de fe faire jour, & il fe battit l’espace de septou huit lieues si vigoureusement, que les Tixen furent obligés de reculer &de tendre encore des chaînes. Chang-quey étoit déja arrivé de grand matinà Syang-yang, où son arrivée causa une joie générale: mais Chang-sbunlie put passer nonobstant tous ses efforts,' & il fut tué en combattant enHéros. On trouva son corps percé de quatre coups de lances & de sixfléchés, & on l’enterra avec grande pompe (a).
Lu-ven-wbang auroit bien voulu retenir Chang-quey , mais cet Officier
00 Gauhll, p. 151 & là
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