Skction
II.
Le régnéde KufoíayKhan y.Empereurpes Mo.gols, de-puis 1274..
Exploits.
d'Ali
Yaya.
Affairesde Tarta-rie.
Siégé deYan-chcih
464 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
étoit à fa fuite, fut aussi tué. Cette affaire fit grand bruit; les Ministresdes Song dépêchèrent fur le champ un Envoyé à Peyen , pour rassurer quel’Impératrice Régente ni l’Empereur ne savoient rien de cet attentat, &qu’ils feroient incessamment les perquisitions nécessaires pour découvrir &pour punir les auteurs du crime ; ils prioient en même tems Peyen de fai-re la paix à des conditions qu’ils proposoient.
Après ia prise de Fuchangfu , Peyen avoic laissé le Gouvernement âscette place & du Pays à Ali Haya (*) , avec quarante-mille hommes , &les deux Officiers d'Occident qui savoient lancer si loin de grosses pierres.Ce Général ne fe rendit gueres moins fameux que Peyen, & lut fe faire ai-mer des Chinois, dont il entendoit très-bien les Caractères & les Sciences,& des troupes qui avoient pour lui beaucoup d’estime. Ali Haya fe mit encampagne «St attaqua 1 aimée Navale de Kaoshìkyay dans le Tongtìnghu,fameux Lac du Huquang ; le combat fut sanglant, & Ali Haya tua de fapropre main Kaoshìkyay. Après cette victoire il se présenta devant Yocheitprès de ce Lac, & il s’en rendit maître; il obligea encore Iíing-cheu , Gan-lo & d’autres places de se rendre. 11 battit aulïi dans plusieurs rencontresKaota Officier de réputation , qui prit parti depuis dans les troupes desTuen. La nouvelle de ces conquêtes fit un sensible plaisir à Hu-pì-lay , quiaimoit Ali tìaya, & il écrivit de sa propre main 1 'éloge de ce Générai, Scencre autres traits flatteurs pour Ali Haya l’Empereur disoit, „ que quand„ il avoic su qu’il étoit si loin de Peyen & avec si peu de troupes, il avoic„ craint qu’il n’eût pas occasion de faire des conquêtes dignes de son cou*„ rage".
Che - tyen-che mourut au commencement de l’année à Chingtinfu dans lePecheli à son retour du Huquang. Ce Général avoit toujours commandéde grandes armées avec distinction depuis le tems de Jenghiz Khan. A-vant que de mourir il pria Hu-pi-lay de défendre le carnage après qu’onauroìt passé le Kyang. Les Chinois lui ont donné de grands éloges. Cettemême année (1275) l’Empereur donna le Gouvernement du Pays d’Al-malig à son fils Nanmuhan , Sc Gantong avoit fous ce Prince le commande-ment des troupes. Hu-pi-lay crut devoir opposer un Prince du Sang & unbon Général au Prince Haytu, qui faisoit des courses dans toute la Tartarie (a).
Cependant Achu & Cbangbongfan , qui commandoient dans le voisinagede Yangcheufu , après plusieurs petits combats où ils avoient toujours étévainqueurs, vinrent attaquer la porte australe de cette ville. Litìngchi ycommandoit, & malgré les grandes conquêtes des Yuen il s’y soutint long-tems. Au mois de Mai un détachement des Song reprit la ville de Changecheufu. Cbangsbïkyay ayant rassemblé un grand nombre de barques se postaprès de la montagne de Tfiao. II rangea dix barques fur une ligne , Scayant jette l’ancre il les rendit comme immobiles, & défendit d’y toucherfous peine de la vie. Achu ,qui les vit de loin, résolut de les brûler; dansce dessein il embarqua dix mille arbalétriers, & se mit au milieu d’eux;ils
(s) Gaubil, p. 1(55 & fuir.
ure-
(*) C’est celui qui est nommé d-dessus Ali Taya.