Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
465
JPEG-Download
 

DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Giiap. IV. 465

•tirèrent des fléchés enflammées, qui mirent le feu aux mâts & aux voi- Shctiohles de la Flotte ennemie. Dans le même tems il attaqua fi vivement les at-troupes de Sbikyay . qu’elles ne purent résister malgré le courage de ce Gé- ^úbf s ”vnéral, & beaucoup se précipitèrent dans le fleuve. Cbanghongfan & Tong- Khan y.•wenping prirent leur tems pour attaquer avec des troupes d’élite le corps Empereurque Sbikyay commandoit en personne; celui-ci qui n’avoit que de nouvel- à Mô-les levées, fut obligé de se retirer près de la montagne de Cben. Achu prit Zols,^-?-plus de sept cens barques , & beaucoup d’Officiers des Song se disperse - 11115 r274 ~lent. Pour Sbikyay, toujours ferme, & supérieur à toutes les disgrâces, ildemanda de nouveaux secours à la Cour ; mais il n’eut point de réponse,

& fut obligé de courir de lieu en lieu pour faire des levées, animer lesPeuples, & pour les exhorter à être fideles à leur Prince.

En attendant l’Empereur Hu.pi-lay se voyoit menacé d’une guerre Entrcpn-sanglante en Tartarie. Les Officiers de Haytu couroient toutes les Ilor* I es (ledes, & il animoit les Princes de fa Maison contre l’Empereur; cependant IIaytu ’l’Histoire ne marque pas au juste quelles étoient ses plaintes & ses pré-tentions. Quelles quelles fuflent, il parut cette année avec le Prince Tuaà la tête de cent-mille hommes dans le Pays d’ígûr, & il assiégea Ituhu ouIdikut dans fa Capitale (*) , voulant obliger ce Prince à s’allier avec lui,

& à renoncer au parti de Hit'pi'lay. Mais Ituhu répondit ,, qu’il ne„ connoiílbit qu’un Maître, dont il étoit tributaire, & qu on le meuroit„ en pieces plutôt que de l'obliger à manquer à son devoir ". 11 se défen-dit avec beaucoup de courage jufgu’à l’arrivée du secours qu’on lui en-voya, & contraignit les Princes à lever le siégé. 11 vint ensuite à la Cour,où l’Empereur le combla d’honneurs & de richesses. Idikut étoit petit-fils,

& héritier $ Idikut qui sc soumit à Jengbiz Khan; celui dont il s’agit iciavoit épousé une fille de l'Empereur Quey-yeu ou Kayuk.

La guerre dont la Tartarie étoit menacée détermina Hu-pi-lay à rappel- PeycnJer Peyen pour commander dans le Nord, mais ce Général supplia instam* marcbement l’Empereur de lui permettre de continuer encore la guerre dans le ^ZalcdeìSud; ce Prince y consentit, & lui ordonna de marcher incessamment vers song.Lingan , c’est le nom que portoit Hangcbeufu , Capitale de l’Empire desSong. Au mois d’Octobre un Officier Chinois nommé Lifu se jetta dansChangsbafu, ville du Huquang, résolu de périr pour la défense de la pla-ce. II avoit trois-mille hommes de garnison avec beaucoup d’armes & deprovisions. Ali Haya assiégeoit la ville, les rues étoient pleines de corpsmorts, & on soussroit beaucoup; cependant les habitans voulurent secon-der les efforts de leur courageux Gouverneur. Achu attaquoit depuis long-tems. Hangcbeufu , mais le brave Litìngcbi & les Citoyens s’y défendoientavec une valeur admirée des Mongols.

Peyen s’étant rendu à Manteu avec son armée passa le Kyang, & char-gea Argan & Gaolucbe d’aller attaquer le Fort de Tufongquan proche deHangcbeufu. Tongwcnpmg & Syangwey marchèrent vers IVbating le long de

la

(*) Nous conjeaurons que c’étoit Ilocheu â quelques lieues à I’Est de Turfan, commetrous Pavons remarqué ailleurs.

Tome XVII. Nnn