DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Giiap. IV. 465
•tirèrent des fléchés enflammées, qui mirent le feu aux mâts & aux voi- Shctiohles de la Flotte ennemie. Dans le même tems il attaqua fi vivement les at-troupes de Sbikyay . qu’elles ne purent résister malgré le courage de ce Gé- ^úbf s ”vnéral, & beaucoup se précipitèrent dans le fleuve. Cbanghongfan & Tong- Khan y.•wenping prirent leur tems pour attaquer avec des troupes d’élite le corps Empereurque Sbikyay commandoit en personne; celui-ci qui n’avoit que de nouvel- à Mô-les levées, fut obligé de se retirer près de la montagne de Cben. Achu prit Zols,^-?-plus de sept cens barques , & beaucoup d’Officiers des Song se disperse - 11115 r274 ~lent. Pour Sbikyay, toujours ferme, & supérieur à toutes les disgrâces, ildemanda de nouveaux secours à la Cour ; mais il n’eut point de réponse,
& fut obligé de courir de lieu en lieu pour faire des levées, animer lesPeuples, & pour les exhorter à être fideles à leur Prince.
En attendant l’Empereur Hu.pi-lay se voyoit menacé d’une guerre Entrcpn-sanglante en Tartarie. Les Officiers de Haytu couroient toutes les Ilor* I es (ledes, & il animoit les Princes de fa Maison contre l’Empereur; cependant IIaytu ’l’Histoire ne marque pas au juste quelles étoient ses plaintes & ses pré-tentions. Quelles quelles fuflent, il parut cette année avec le Prince Tuaà la tête de cent-mille hommes dans le Pays d’ígûr, & il assiégea Ituhu ouIdikut dans fa Capitale (*) , voulant obliger ce Prince à s’allier avec lui,
& à renoncer au parti de Hit'pi'lay. Mais Ituhu répondit ,, qu’il ne„ connoiílbit qu’un Maître, dont il étoit tributaire, & qu on le meuroit„ en pieces plutôt que de l'obliger à manquer à son devoir ". 11 se défen-dit avec beaucoup de courage jufgu’à l’arrivée du secours qu’on lui en-voya, & contraignit les Princes à lever le siégé. 11 vint ensuite à la Cour,où l’Empereur le combla d’honneurs & de richesses. Idikut étoit petit-fils,
& héritier $ Idikut qui sc soumit à Jengbiz Khan; celui dont il s’agit iciavoit épousé une fille de l'Empereur Quey-yeu ou Kayuk.
La guerre dont la Tartarie étoit menacée détermina Hu-pi-lay à rappel- PeycnJer Peyen pour commander dans le Nord, mais ce Général supplia instam* marcbement l’Empereur de lui permettre de continuer encore la guerre dans le ^ZalcdeìSud; ce Prince y consentit, & lui ordonna de marcher incessamment vers song.Lingan , c’est le nom que portoit Hangcbeufu , Capitale de l’Empire desSong. Au mois d’Octobre un Officier Chinois nommé Lifu se jetta dansChangsbafu, ville du Huquang, résolu de périr pour la défense de la pla-ce. II avoit trois-mille hommes de garnison avec beaucoup d’armes & deprovisions. Ali Haya assiégeoit la ville, les rues étoient pleines de corpsmorts, & on soussroit beaucoup; cependant les habitans voulurent secon-der les efforts de leur courageux Gouverneur. Achu attaquoit depuis long-tems. Hangcbeufu , mais le brave Litìngcbi & les Citoyens s’y défendoientavec une valeur admirée des Mongols.
Peyen s’étant rendu à Manteu avec son armée passa le Kyang, & char-gea Argan & Gaolucbe d’aller attaquer le Fort de Tufongquan proche deHangcbeufu. Tongwcnpmg & Syangwey marchèrent vers IVbating le long de
la
(*) Nous conjeaurons que c’étoit Ilocheu â quelques lieues à I’Est de Turfan, commetrous Pavons remarqué ailleurs.
Tome XVII. Nnn