DANS LE MOGQLssSTAN. Liv. V. Chap. IV. 469,, ra parler de l’argent & des foies qu’on donnera à vos troupes. Mais íi„ l’on entreprend de détruire la Dynastie des Song , songez que nous a-„ vons encore de grands & bons Pays , des villes fortes, des vaisseaux,„ de l’argent & des troupes, & vous savez qu’on ne sauroit répondre des„ événemens de la guerre”.
Peyen connoissoit de réputation Vmtyensyang , & charmé des grandesqualités de cet illustre Mandarin, il renvoya Ukyen, & retint Ventyensyangfous prétexte de conférer avec lui des affaires les plus importantes ; i] or-donna aux Généraux Mongutay & Sutu de lui faire toute forte d’honnête-tés. Ventyensyang reprocha hardiment aux Seigneurs transfuges des Songleur perfidie & leur lâcheté , & dit en face à Peyen qu il étoit injuste deretenir ainsi l’Envoyé d’uneTête couronnée. Luvenwbang voulut l’exhor-ter à parler avec plus de modération, & cet illustre Mandarin lui fit tou-cher au doigt son ingratitude envers la Famille Impériale des Song, dontil avoit reçu tant de biens & d’honneurs. Peyen, envoyant alors un Officierà Hu-pi-lay , mit Ventyensyang à fa fuite.
Au mois de Février Peyen nomma des Seigneurs Tartares & Chinoispour gouverner la ville de Lingan ; par fes ordres on fe saisit des Livres,des Registres, des Cartes Géographiques,des Mémoires pour l’Histoire,des Peintures, des Edits, & des autres choses qui appartenoient aux grandsTribunaux ; on prit aussi les Sceaux de ces Tribunaux. II envoya deuxgrands Seigneurs pour garder le Palais de l’Impératrice Régente, & pourveiller fur tout ce qui s’y passoit. Ces deux Seigneurs la traitoienc avectout le respect possible, & paroissoient bien moins la garder à vue que luifaire leur cour. Tout cela fe passa fans le moindre désordre, & au milieude l’affliction publique, les Chinois ne pou voient s’empêcher d’admirer lapolice & le bon ordre que faifoit observer Peyen. L’Empereur des Songavoit deux freres, que son pere avoit eu de fes autres femmes ; ces deuxjeunes Princes furent enlevés. On les cacha sept jours fur une montagne,& ensuite un Mandarin les conduisit à JVehcheufu. Dans ce même moisHyaquey , qui penfoit depuis long-tems à fe rendre aux Tuen, exécuta sondessein, & leur livra la forte place de Lttcheu dans le Kiangnan.
Au mois de Mars Peyen , accompagné de tous les Officiers-Généraux àcheval, & précédé de l’étendard de Généralissime * fe rendit de Huchen-fu, ville proche de la mer, à quarante milles au Nord de Lingan , & en-tra dans cette Capitale (*),dont il visita tous les quartiers ; il voulut aussivoir le flux & le reflux de la riviere de Che. L’Empereur & l’Impératricedemanderont à le voir ; il s’excufa en faisant entendre qu’il ne savoic pasau juste le cérémonial qu’il convenoit d’obferver. Le lendemain il partitde Lingan. An mois de Mai les Généraux Atahay & Litîng entrerent dansle Palais Impérial, & firent cesser les cérémonies qui s’obfervoient quandon se présentoit devant l’Empereur. Ils saluèrent ce Prince & f impéra-trice
(*) Quand on sut à Lingan que Peyen approchoit, beaucoup de Dames du Palais crai-gnant quelque insulte se noyèrent; c’étoit une fausse crainte, car ce Général ne permitpas le moindre désordre. Qaubil.
Nnn 3
Section
II.
Le régnéd t KublayKhan V.Empereurdes Mo-gols, «V-1274.
Peyen leretient.
Il entredans Lia»gan.
L’Empe-reur é?l'Impéra -trice fontenvoyés a
Tarn.