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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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SlîCTION

II.

Le régnéde KubíayKhan V.Empereurdes Mo.gols, de-puis 1274.

Leur Flot-te est dé-faite.

12 7 9 -

L'Empe-reur estnoyé avecun grandnombred'autrespersonnes.

476 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN

& Tyenfyang dit que c’étoit lui ; mais des prisonniers découvrirent tout,& LyeuîJ'etsun fut brûlé à petit feu., Tyenfyang fut mené au Général Mon-gol, & ne voulut jamais faire la révérence en signe de fourmilion, quoi-qu’on l’eCit délié pour qu’il pût fe mettre â genoux; il demanda qu’on lefìt mourir: mais Hongfan ne voulut pas qu’on le touchât, l’envoya pri-sonnier à Tatû , & donna la liberté à ses parens & amis qui avoient été pris.

Après cette victoire Hongfan fit voile avec son Armée Navale ,& arrivale 31 de Janvier 1279 à la vue de la montagne de Taìshan , qu’il fit d’abordreconnoître ; & s’étant fait instruire de ce qui regarder t la maree, les vents& le gisemeup de la côte, il prit avec Liheng les mesures nécessaires pourattaquer Changshikyay avec avantage. Celui-ci le prévint, & Ja nuit du29 de Mars il vint attaquer les Tuen, mais il fut repoussé. Hongfan pouréviter la confusion partagea fa flotte en quatre escadres, éloignées les unesdes autres dé trois ou quatre-cens pas. Liheng alla fe poster au Nord dela Flotte des Song, qui étoit à 1 Ouest de la montagne. Le 3 d’Avril ungrand brouillard couvrit ce côré-là de la montagne; Liheng avort ordred’attaqmr l’ennemi, quand la marée monteroit. A l’heure du cheval,c'est-à-dire entre onze heures du matin & une heure après midi, la maréevint. Liheng attaqua vivement Changshikyay , quand il entendit le son desinstrumens, qui étoit le signal du combat, & dans le même tems Hongfanl’attaqua de l’autre côté. Changshikiay , quoiqu’attaqué des deux côtes,fe défendit vaillamment; mais les troupes fatiguées plièrent, & les Mon-gols ayant pris un gros vaisseau, beaucoup d’autres le rendirent.

La confusion fe mit dans la Flotte des Song, Hongfang & Liheng profi-tèrent de ce désordre, & les mirent de tous côtés en déroute. Au cou-cher du Soleil le vent & les brouillards survinrent, Shikyay coupa les cables& fe sauva avec seize gros navires. Lufyeufu courut vîte au vaisseau def Empereur, mais il etoit pesant, & beaucoup d’autres étoient attachésles uns aux autres ; on n’y voyoit presque personne, & il n’y avoit nì Offi-ciers ni matelots pour la manœuvre. Lufieufu voyant tout perdu,fit jetterfa femme & ses en fans à la mer, A d’un ton ferme dit au jeune Empereur,,, Seigneur, ne déshonorez pas votre illustre famille en suivant l’exemple,, de Kontfong votre frere; mourez, Prince Souverain, plutôt que de vivre„ esclave d’une Nation étrangère”. Après ces mots il embrasse en pleu-rant l’Empereur, le met fur fes épaules, & fe précipite avec lui dans la mer ;la plupart des Mandarins suivirent cet exemple (a).

Hongfan prit huit-cens barques. Les Historiens Chinois disent que cent-mille hommes fe noyèrent; pendant plusieurs jours la mer fut couverte decorps morts. Changshikyay reconnut celui de l’Empereur, & l’enterra avecrespect; il recouvra aussi le Sceau de f Empire, & joignit le vaisseau de laPrincesse mere de Tiping. La Princesse étoit dans de grandes inquiétu-des , & en danger, parcequ’elle étoit séparée des autres vaisseaux. Shikyaylui apprit la nouvelle de la mort de son fils, & l’exhorta à penser à l’instal-Vation d'un nouvel Empereur de la famille. Mais elle fut si sensible à cette

triste

(a) Gaubìl, p. 186 5 t suiv.