DANS LE MOGOLIS TAN. Liv. V. Ciiap. IV. 47P
Conquérant, & à son retour il publia une Astronomie. Au commencement Sectiondu régné de Hupilay les Astronomes d'Occident publièrent deux Astrono- *11.mies-, l’une selon la méthode d’Occident, l’autre lëlon la méthode Chinoi- i L y r &s ese , mais corrigée. Kocheuging prit un milieu, & suivant dans le fonds la Khan Kméthode d’Occident, il conserva autant qu’il fut possible ks termes de Empereurs Astronomie Chinoise; mais il la réforma entieremenc fur les Epoques As- Mo-tronomiques , & fur la méthode de réduire les tables à un Méridien, & g0 ! s > d<! 'd’appìiquer ensuite les calculs & les observations aux autres Méridiens,
Outre cela il 6t de grands insttumens de Léton, Sphères, Astrolabes, mort.*
Boussoles, Niveaux & Gnomons, dont il y en avoit un de quarante pieds —.—
de haut.
Les Empereurs Mongols avoient à leur Cour des Médecins & des Ma-thématiciens d’Occident, aussi bien que des Chinois,donc ils faifoient descorps séparés qui vivoient très-bien ensemble. Les Histoires de ce teins-là louent fort en général l’habileté de ces Etrangers, & avouent en parti-culier que c’est d’eux que Kocheuking prit ce qu’il avoit de meilleur.
TJu-i-yâ (*) étoit un des Grands Mandarins qui gouvernoient la Province Méchan-de Kiangnan , & les Chinois & les Tartares l’estimoient beaucoup pour cctéd’ A-sa droiture & fa vigilance. /Jli Haya l’avoit choisi pour un de ses Lieute- h ama *nans, & le regardoit comme un des meilleurs Officiers de son armée. Tfu-i-yu entreprit de faire connoître à. Hupilay les malversations à’/lhama. Celui-ci, plein de colere & ne respirant que vengeance, accusa ce Mandarin <3cdeux Seigneurs Mongols qui le soutenoient, d’avoir volé plus de deuxmillions, & d’avoir fans ordre cassé & changé plusieurs Mandarins. Hupi-lay envoya des Commissaires fur les lieux , qui déclarèrent Tsu-i-yû inno-cent. Abama ,résolu de venir à bout de se venger, en fit envoyer d autres,qui déclarèrent ce Mandarin coupable , & lui tirent trancher la tête, quiest un genre de mort infâme à la Chine ; les deux Seigneurs Mongols su-birent le même supplice. Cela se passa dans le mois de Décembre.. LePrince Héritier envoya des Officiers de fa Cour pour casser Jes. procédures,dès qu’il fut instruit des intrigues d 'Marna, mais ils arrivèrent trop tard.
La mort de Tsu-i-yû (f) fit beaucoup de bruit dans les Provinces, à la Cour& à l’armée ; on murmuroit hautement contre Âhama , & le Prince necherchoit que l'occasion de se défaire de ce mauvais Ministre.
Au mois de Mars de fan 1281 Hupilay, étant parti pour Changtû , laissa Ilesttuê.Áhama (4) à Tatû pour gouverner. Un Mandarin nommé Wbangcbu vintun jour au Palais, & le tua à la grande porte. Les Gardes & les Officiers
ne
(*) II étoit de Tse-cheu dans le Chan-ji; son frere fut Censeur- de i’Empire. Gaubil. CeJésuite l’appdle Tfouyyu, mais nous préférons l’ortographe, qui approche plus de la pro-nonciation Chinoise, qui est Tui-i-yû , en partageant les monosyllabes, ce que le P. Gau-bil ne fait point.
(f) Le Prince Mangkola , que M. Polo nomme Mangaìa, troisième fils de Hupilay,mourut cette année. Gaubil, p 239.
(U II étoit Mahomécan & natif du Khorafan, d’une famille qui avoit fourni des Gé-néraux & des Ministres aux Rois du Pays. U étoit de la ville de Panai, c’est-à-dire deíiaurd dont parle D'Herbtloí , p. 195. Gaubil,