SeCTÍON
III.
Le régnéde IíubîayKhan V.Empereurdes Mo-gols , de-puis 1279jufqu’à famort.
Supersti-tion deKublay.
Expédi-tion auJapon.
1283.
successeurs de jenghiz ki-ian
là-deffus un placet à Hu-pi-lay. Dans le même tems un Imposteur, qui lsdifoit Empereur des Song, assembla plus de cent-mille hommes, & fit dis-tribuer des billets en son nom, qui portoient que le Ministre-d’Etat ne de-voir pas s’éconner, & qu’à un j'our marqué on meuroit le feu aux mai-sons couvertes de jonc, & que ce seroit le signal de la sédition dans Tatû (a).
Ven-tyen-syang étoit prisonnier dans cette ville depuis plusieurs années ;l’Empereur le fit venir en fa présence, & lui offrit une des Charges de Mi-ni stre-d’Etat, s’il vouloir entrer à son service. Ven-tyen-syang le remercia,lui dit qu il ne pouvoit reconnoître deux Empereurs, & demanda à mou-rir. Quoique Hu-pi-lay vît qu'il étoit inflexible, il ne pouvoit se résoudreà lui ôter la vie. Mais enfin la superstition l’emporta sur l’humanité. LesGrands de la Cour lui rappelleront le placet présenté sur la conjonction deSaturne & de l’Etoile, & lui persuadèrent que le Ministre anonyme dontil étoit parlé dans les billets, n’étoit autre que Ven-tyen-syang. Tout celafit résoudre Hu-pi - lay à consentir à la mort de ce grand homme. Ayantété conduit 3 une place publique , il se tourna vers le Sud , frappa la ter-re du front pour honorer & saluer la Cour des Empereurs des Song , &reçut le coup de mort avec un grand courage , à l'âge de quarante-septans. II étoit du Kyangsi, du district de la ville de Ki-gen-fu. Les Chinois& les Tartares le regrettèrent. II avoir la réputation d’être savant, inté-gre, & fort versé dans les affaires. On transporta en Tartarie tous ceuxde la race des Song qui se trouvèrent à Tatû.
Hu pî-lay, qui croyoit qtsil y alloit de sa gloire de faire des conquêtesdans le Japon, ordonna en 1283 au Général Jîahay de préparer cinq-Cens vaisseaux avec des vivres & des munitions. On publia aussi un or-dre dans les Provinces de rassembler autant de matelots qu’on pourrait.Ces ordres causerent de la confusion dans le Chekyang, le Fokien & leKyangnan ; car l’expédition contre le Japon n’étoit nullement du goût desMinistres Tartares & Chinois; les Officiers & les soldats murmuraient hau-tement , & le commerce étoit interrompu. La crainte d’aller au Japon fai-soit déserter les meilleurs matelots, plusieurs se firent voleurs; & des Offi-ciers de marine persuadèrent aisément à leurs équipages de se faire Pira-tes , & ils infestoient les côtes. Les Grands représenteront à l’Empereurtoutes ces fâcheuses fuites du projet d'une nouvelle expédition contre leJapon ; mais il ne voulut écouter rien. En attendant Htabay rencontraittous les jours de nouvelles difficultés, 6c, les Grands prirent fous main desmesures pour qu’il n’eût de longtems les vivres & les munitions nécessaires.Au mois d’Octobre un Mandarin de Kycn-ning-fû, dans la Fokien se ré-volta ,
(«) Gaubil, p. 194 & suiv.
apparences des Corps Célestes, & ce qu’elles prognostiquent pour la Cour & l’Empire.Les Etoiles ont toutes des noms, qui ont rapport à la Famille Impériale, aux Gouver-neurs des Provinces, aux Généraux des armées, aux Princes & aux Princesses, fur les-quels on croit qu’elles ont une influence particulière. . Dans le Tribunal des Mathémati-ques il y a toujours des Astronomes chargés de ce point en particulier, qui ont toujoursgrand foin de suivre le génie & les maximes de la Dynastie régnante; de-là vient que lesAstronomies Chinoises varient souvent. Gaubil.