DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Ciiap. IV. 487
beaucoup de joie à Isa pl-lay , non seulement à cause des richesses que ces SectiíjïïVaisseaux apportoient , mais encore parceque cela lai faifoit beaucoup I-H.d’honneur dans l’esprit des Chinois. Tout i'Empire de la Chine se trou- Le reg ” evant soumis à un seul Prince, les Bonzes de la Secte de Fo tinrent cette Khan^année urie assemblée où ils se trouverent au nombre de quarante-mille • ils Empereurconvinrent d’une forme de Gouvernement, firent plusieurs,statuts & ? des à Mo>réglemens pour leurs prières, leurs pénitences &c. gols, de-
J'enghlz Khan avoit divisé la Tartarie en Orientale & Occidentale, les 123 rlimites de l’une & de J’autre étoient à peu près au méridien de Peking, Le mort. “ *
P. Gaubil dit qu’il ne fait point jiisqu’ou s’étendoit tout ce que l’on en- --
tendoít alors fous le nom de partie Occidentale ; pour l’Orientale elle étoit , Na y en fi 'partagée en vingt départemens. Pyelì Kutay , le plus jeune des freres de-gaytû.ce Conquérant, eut les Pays entre les rivières de Leao, de Toro & de Quey* *ley, & une partie du Pays entre leLeaotong & la riviere de Leao. Nayen,arriéré petit-fils & l’héritier de Pyeli Kutay, avoit étendu le domaine de sonbisayeul, & étoit devenu fort puissant (*), Haytû trouva Je moyen de legagner, & lui persuada de prendre les armes. Le Général Peyen fut un despremiers qui avertit l’Empereur de ce qui se tramoit entre Haytû & Na-yen: il fut envoyé du côté du Leaotong pour voir par lui-même sétat deschoses; & il faillit à être enlevé par les Espions de Nayen; mais s’étantsauvé il informa Hu-pì-ìay des grands préparatifs de ce Prince. L’Empereurordonna à son Général de camper entre Karakorom & Changtu, pour em-pêcher les troupes de Haytû & celles des autres Princes ses alliés de joindreNayen (f). Liting fut chargé d’assembler un grand corps de troupes Chi-noises, & les Tartares furent commandés par Tufi Temûr , {\) petit-fils dufameux Porcbû , le principal des quatre intrépides de Jenghiz Khan-,le Gé-néral Tûtûha fut aussi rappelle du Ivincha avec ses troupes (u).
, Hu-pi-lay se mit en campagne au mois de Mai, résolu d’attaquer Nayen. Il est daL’Empereur s’étoit avancé avec peu de monde, & le Général de Nayen tué ‘Tint pour reconnoitre son camp. Le Prince, quoiqu’en danger d’etre en-levé, ne fit paroître aucune peur; & comme c’étoit la nuit, on avertieles troupes de venir incessamment au secours de l’Empereur; les Cava-liers prirent les fantassins en croupe. Mrym fe tenoit tranquille'dans soncamp, & son Général, de crainte d’une embuscade, n’osa attaquer Hu-pi-lay. Liting prit dix hommes résolus, s’approcha avec eux du camp enne-mi, & y fit tirer un coup de canon (J): le bruit mit l’épouvante parmi
les
(«) Gaubil , p. 204 & íuiv.
(*) 11 possédoit seul neuf des vingt départemens, les onze autres étoient aux Seigneursdes cinq Tribus de Cbalttr ou Jalayr, de ilongkila ou Kongorat , de Manuà , de Gùlù,
C Ibîlyetsc. Gaubil.'
(f) M. Polo parle au long de la révolte de Nayen ; le Roi qu’il appelle Laidu ,est Play-tu. L’Hisioire Chinoise ne parle ni des Croix, ni des Chrétiens, ni des Juifs ou Mabo<
TOétans, qui étoient dans les armées de Hu-pi-lay & de Nayen. Gaubil.
( 4 ) Poloukan , fameux dans la guerre contre les Song, étoit un des principaux Généraux.
Gaubil.
■ (ì) Le Chinois dit thpao , ou Paorkfeu, Le grand bruit qu’il fit, & ce qu’on marque«lu’il étoit à feu, me fait dire Canon à feu, C’étoit peut-être mi grand pétard. Gaubil.