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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. ÍV. 491

,, l’Empire demande que nous faffions connoître celui qui en est; la ruine”. SectioîiL’Empereur étant un jour à la chasse Cheli lui parla avec franchise contre 1 H-

Sarigko& ce Prince irrité lui fit donner la bastonnade pour avoir parlémal d’un Grand de la Cour; ce Seigneur fut frappé si rudement, que lejfhan^sang lui sortit par le nez & par la bouche; il tomba par terre, & inter- Empereurrogé par ordre de Hu-pi-lay, il eut le courage & la fidélité de répéter tout/'A'sMo-ce qu’i! avoir dit, & ajouta „ que c’étoit uniquement le bien de l’Etat & g°! S > de ~„ l'honneur du Prince qui le faisoient parler, s’offrant de mourir pourri?J,

„ soutenir son accusation L’Ernpereur se repentit d’avoir sait maltrai-^"?. **ter Cheli, & sut que d’autres Grands se proposoient d’imiter son zele. — -. — » -

Pûhûchû, Seigneur du Pays de Kangli, un des hommes les plus fermes Décom-& les plus intégrés de son tems, eut ordre d’examiner l’assaire. 11 connut &bientôt les fourberies & les mauvaises actions de Sangko; & comme Uétoit ennemi mortel de ceux qui commettoient des injustices, il en parlacomme d’un mauvais Ministre, qui avoit trompé son Prince, qui avoitmis le trouble & le désordre par-tout, qui avoit fait accuser & mourir plu-sieurs personnes injustement, & qui étoit la véritable cause qu il y avoittant de voleurs. Pûhûchû sollicita l’Empereur de se défaire au-plutôt d’unpareil scélérat, & ne craignit pas de dire, que s’jl différait il avoit à crain-dre une grande révolution. D’autres Grands confirmèrent ce que diíbic ceSeigneur. L’Empereur se plaignit de n’avoir pas été averti plutôt ; cesplaintes imprudentes lui attirèrent un avis des Censeurs de l’Empire, quilui déclarèrent „ qu’il avoit été dangereux jusques-là de l’avertir des ìn-„ trigues des mauvais Ministres”. Cheli plus en faveur que jamais futnommé pour faire l'inventaire des biens de Sangko, qui étoient immenses,mais acquis par desvoyes injustes. On trouva dans l'on Palais une infinité deBijoux & de Pierreries. On visita aussi celui à’Orgun Sali duPays d’ígíìr,ancien éleve de Pasepa, lié avec Sangko, & qui étoit dans le Ministère.

Sangko fut dépouillé de toutes ses Charges, A on fit abbattre un monu-ment de marbre, que son orgueil l’avoit porté à faire élever à fa mémoire,où l’on voyoit son éloge (a).

Au mois de Juin l’Empereur fit défendre aux Mongols d’aller commer-cer dans les Pays Occidentaux : & au mois d’Août des Etrangers lui offri-rent des Livres écrits en caractères d’or,& plusieurs Lions.

J1 y avoit en ce tems-là un Lama du Tibet dans les Provinces méridio- Condam*nales, en grande réputation parmi les Mongols. C’étoit un hypocrite & nationun débauché, qui aimoit l’argent à l’excès. Ce malheureux contrefit des ( i un Cz-ordres de l’Empereur, donna de fausses permissions, & intimida plusieurs ^ 1 %° 'familles riches ; il promettoit & procurait des postes, & il employa tou- grau.tes sortes de moyens illicites pour s enrichir. Sa passion pour l’argent leporta jusqu’à déterrer les corps des Empereurs, des Princes & des Grands,dont les tombeaux étoient dans le voisinage de Chao-hing-fu dans le Che-kyang; il y trouva, dit-on, beaucoup d’or, d’argent & de pierreries.

De leurs ossemens mêlés avec des os de boeufs & de chevaux, il eleva

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(») Gaubil, p- 2ii & Liv.Q_qq 2