CHAPITRE I. 7
tout annonçait à l’Europe que ses deux co-losses étaient près de se mesurer.
Mais , pour atteindre la Russie , il fallaitdépasser l’Autriche , traverser la Prusse , etmarcher entre la Suède et la Turquie : unealliance offensive avec ces quatre puissancesétait donc indispensable. L’Autriche était sou-mise à 1 ascendant de Napoléon , et la Prusseà ses armeg ; il n’eut qu’à leur montrer son en-treprise : l’Autriche s’y précipita d’elle-même ;il V poussa facilement la Prusse.
Néanmoins la première s'y jeta sans aveu-glement. Située entre les deux colosses dunord et de l’ouest, elle se plut à les voir auxprises; elle espéra qu’ils s’affaibliraient mu-tuellement , et que sa force s’accroîtrait deleur épuisement. Le 14. mars 1812, elle pro-mit trente mille hommes à la France : maiselle leur prépara en secret de prudentes in-structions. Elle obtint une promesse vagued’agrandissement pour indemnité de ses fraisde guerre , et se fit garantir la possession de laGallicie . Toutefois elle admit la possibilité àvenir de la cession d une partie de cette pro-vince au royaume de Pologne ; elle eût reçu endédommagement les provinces Illyriennes :l’article 6 du traité secret en fait foi.
Ainsi le succès de la guerre ne dépenditpas de la cession de la Gallicie , et des ména-gemens qu’imposait la jalousie autrichiennepour cette possession. Napoléon aurait donc