Band 
Tome premier.
Seite
10
JPEG-Download
 

,0 LIVRE I.

expédition ait été téméraire, le succès l’au-rait vraisemblablement couronnée , si l'affai-blissement précoce de sa santé eut laissé auxforces physiques de ce grand homme toute lavigueur qu’avait conservée son esprit.

CHAPITRE II.

Quant àla Prusse, dont Napoléon était maî-tre , on ne sait si ce fut son incertitude sur lesort qu'il lui réservait, ou sur l’époque de laguerre, qui lui fit refuser, en 1811 , l’alliancequ’elle lui proposait, et dont il dicta lui-mème les conditions en 1812.

Son éloignement pour Frédéric-Guillaume était remarquable. On avait souvent entenduNapoléon reprocher au cabinet prussien sestraités avec la république française. « C’était,» disait-il, avoir abandonné la cause des rois. »Selon lui, « les négociations de la cour de» Berlin avec le directoire décelaient une po-« litique timide, intéressée , sans noblesse ,» qui sacrifiait sa dignité et la cause générale» des trônes à de petits agrandissemens. »Chaque fois que, sur ses cartes, il suivait letracé des frontières prussiennes, il s’irritaitde les voir encore si étendues, et s écriait :