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Tome premier.
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CHAPITRE II. i5

'contre celle de Napoléon : elle se composaitde tout ce que sa victoire avait dédaigné ouoffensé ; elle avait toutes les forces des faibleset des opprimés, le droit naturel, le mystère,le fanatisme, la vengeance ! L.a terre lui man-quant, elle s’appuyait du ciel, et ses forcesmorales échappaient à la puissance matériellede Napoléon . Animée de cet esprit de secteardent, dévoué, infatigable, elle épiait tousles mouvemens de son ennemi, tous ses côtésfaibles, se glissait dans tous les intervalles desa puissance ; et, se tenant prête à saisir toutesles occasions, elle savait attendre avec ce ca-ractère patient et flegmatique des Allemands ,cause de leur défaite, et contre lequel s’usaitnotre victoire.

Cette vaste conspiration était celle desamis de la vertu '. Son chef, c’est-à-dire celui

1 En 1808, plusieurs hommes rte lettres de Kcenigsberg.afiligés des maux (fui désolaient leur patrie, s’en prirent à lacorruption generale des mœurs; elle avait, selon ces philoso-plies, étouffé le véritable patriotisme dans les citoyens, ladiscipline dans l’armée , le courage dans le peuple. Les hom-mes de bien devaient donc se réunir pour régénérer la nationpar l’exemple de tous les sacrifices. K11 conséquence, ceux-ciformèrent une association qui prit le nom d’t/nûm morale etscientijique. Le gouvernement l’approuva , en lui interdisant* ou .tefois la politique. Cette résolution , toute noble qu’elleétait, se serait peut-être perdue, comme tant d’autres, dansle vague de la métaphysique allemande ; mais, vers le mêmetemps, le prince Guillaume, dépossédé du duché de Bruns-wick , s elait retiré dans sa principauté d’Oels en Silésie : ondit que, du sein de ce refuge, il aperçut les premiers progrèsde l’union morale dans la nation prussienne. Il s’y affi.Ua ; et,le cœur tout rempli de haine et de vengeance, il conçut l’idée

a.