i4 LIVRE I.
pacifique , que ce guerrier ne veut point laguerre; ils ajoutent qu’il traite perfidement dela paix avec l’Angleterre, au prix de la resti-tution du Hanovre , qu’il veut reprendre àla Prusse. Frédéric, entraîné par le mouve-ment général, laisse enfin éclater toutes cespassions. Son armée s’avance, il en menaceNapoléon , et quinze jours après il n'a plusd’armée, plus de royaume; il fuit seul, etNapoléon date de Berlin ses décrets contrel’Angleterre.
La Prusse humiliée et conquise, il devintimpossible à Napoléon de s’en dessaisir; ellese serait rangée sous le canon des Russes . Nepouvant la gagner, comme la Saxe , par ungrand acte de générosité, il restait à la déna-turer, en la divisant : et cependant, soit pi-tié , soit effet delà présence d’Alexandre, il nese décida pas à la démembrer. Celte positionétait fausse , comme la plupart de celles oùl’on s’arrête en chemin ; Napoléon ne tardapas à le sentir, et quand il s’écriait : « Se» peut-il que j’aie laissé à cet homme tant de» pays ! » c’est que vraisemblablement il nepardonnait pas à la Prusse la protection d’A-lexandre : il la haïssait, s’y voyant haï.
En effet, les étincelles d’une haine jalouseet impatiente échappaient à la jeunesse prus-sienne , qu’exaltait une éducation patriotique,libérale et mystique. C’était au milieu d’elleque s’était élevée une puissance formidable