CHAPITRE 111. 53
poléon , forcé de ménager Alexandre , et to'utplein du regret de la mort de Sélim , détestantla barbarie des musulmans , et méprisant ungouvernement si peu stable, ne répondaitpas depuis trois ans au nouveau sultan , et pa-raissait ne pas le reconnaître.
Il était dans cette position douteuse avecles Turcs, quand toutà coup, le 2 i mars i8ia,six semaines seulement avant la guerre deRussie , il demande à Mahmoud son alliance ;il exige que, cinq jours après cette commu-nication, toute négociation des Turcs avecles Russes soit rompue ; enfin, qu’une arméede cent mille Turcs , commandée par le sul-tan , soit rendue sur le Danube en neuf joursCe qu’il offre pour prix de cet effort, c’estcette même Valachie , cette Moldavie que,dans cette circonstance , les Russes étaienttrop heureux de rendre au prix d’uneprompte paix ; c’est aussi cette même Criméepromise à Sélim six ans plus tôt.
On ignore si le temps que devait mettrecette dépêche à arriver fut mal calculé , si Na-poléon crut l’armée turque plus forte qu ellene l’était, ou s’il espéra surprendre et enleverla détermination du divan par une proposi-tion subite aussi avantageuse. Ce qu’on nepeut présumer, c est qu’il ignorât qu’un usagedepuis long-temps invariable chez les musul-mans , s’opposait à ce que le grand - seigneurcommandât en personne son armée.