34 LIVRE I.
s’âbaisser jusqu’à supposer au divan la stupideignorance qu’il montra de ses véritables inté-rêts. Après l’abandon qu’en 1807 l’empereurdes Français avait fait des intérêts de la Tur-quie , peut-être ne calcula-t-il pas assez queles musulmans se défieraient de ses nouvellespromesses ; qu’ils étaient trop ignorans pourapprécier le changement qu’à Tilsitt de nou-velles circonstances avaient imposé à sa poli-tique ; que ces barbares comprendraient encoremoins tout l’éloignement qu’à cette époque ilslui avaient inspiré par la déposition et par lemeurtre de Sélim , qu’il aimait, et avec lequelil avait espéré faire de la Turquie d’Europe une puissance militaire capable de résister àla Russie .
Peut-être aurait-il encore entraîné Mah-moud dans sa cause, s’il se fût servi plus tôtde plus grands moyens; mais, comme il l’adit depuis, il répugna à sa fierté d’employerla corruption. Nous le verrons d’ailleurs hé-siter bientôt à s’engager contre Alexandre,ou trop compter sur l’effroi que ses immensespréparatifs inspireraient à ce prince. Il se peutencore que les dernières propositions qu’ilavait à faire aux Turcs , étant une déclarationde guerre contre les Russes , il les ait retar-dées pour mieux tromper le czar sur l’époquede son invasion. Enfin, soit toutes ces cau-ses , soit confiance motivée sur la haine desdeux nations, et sur son traité d’alliance avec