CHAPITRE IV. 47
chef, mais que celui-ci ne daigna pas lui ré-pondre. Ce silence impolitique ( si le fait estvrai ) ne peut s’attribuer qu’à la fierté de Na poléon , blessée des refus de Bernadotte . Iljugea sans doute les protestations de celui-citrop fausses pour qu elles méritassent • uneréponse. ,
On s’irritait : les communications deve-naient désagréables ; elles s’interrompirentavec Alquier, ministre de France en Suède ,qui fut rappelé. Cependant, la prétenduedéclaration de guerre de Bernadotte contre1 Angleterre l’estait sans effet, et Napoléon ,qu’on ne pouvait ni refuser ni tromper impu-nément , faisait la guerre au commerce sué-dois par ses corsaires. Avec eux, et par l’en-vahissement de la Poméramie suédoise, le27 janvier 1812, il punit Bernadotte de sesdéviations au système continental, et obtint ,comme prisonniers, plusieurs de ces milliersde matelots et de soldats suédois, qu’il avaitinutilement demandés comme auxiliaires.
Alors se rompirent nos liens avec la Russie .Aussitôt Napoléon s’adresse au prince deSuède : ses notes furent d’un suzerain quicroit parler dans l’intérêt de son vassal, quisent ses droits à sa reconnaissance ou à sasoumission, et qui y compte. Il exigeait queBernadotte déclarât une guerre réelle à l’An-gleterre, qu’il lui fermât la Baltique , et qu’ilarmât quarante mille Suédois contre la Russie .