5 i LIVRE I. CHAPITRE IV.prise, et l’habitude de leurs anciennes rela-tions, classaient encore Bernadotte comme sonlieutenant, ceux-ci semblaient déjà le regar-der comme leur général. Comment, d’unepart, ne pas chercher à échapper à cette in-fériorité , et de l’autre résister à des formeset à des promesses si séduisantes ? Aussi l’a-venir de la Suède y fut sacrifié, et son indé-pendance livrée pour jamais à la foi des Russes par le traité de Pétersbourg, que Bernadotte signa le 24 mars 1812. Celui de Bucharest ,entre Alexandre et Mahmoud, fut conclu le28 mai. Ce fut ainsi que nous perdîmes l’ap-pui de nos deux ailes.
Néanmoins l’empereur des Français , à latete de plus de six cent mille hommes; et déjàengagé trop avant, espéra que sa force déci-derait de tout ; qu’une victoire sur le Niémen trancherait toutes ces difficultés diplomatiquesqu’il méprisa trop peut-être ; qu’alors tous lesprinces de l’Europe , forcés de reconnaître sonétoile, s’empresseraient de rentrer dans sonsystème, et qu’il entraînerait dans son tour-billon tous ces satellites.