CHAPITRE IY. 5i
» t-il donc que j’aie besoin de lui? Je saurai» bien l'enchaîner à ma victoire, et le forcer» de suivre mon impulsiou souveraine. »
Cependant l’active et spéculative Angle-terre , hors d’atteinte, jugeait sainement descoups qu’il fallait porter, et trouvait les Russesdociles à ses suggestions. C’était elle qui, de-puis trois ans, cherchait à attirer, et à épuiserles forces de Napoléon dans les défilés de l’Es pagne ; ce fut encore elle qui sut alors profiterde la vindicative inimitié du prince de Suède .
Sachant que l’amour-propre actif et travail-leur des hommes qui parviennent reste tou-jours inquiet et susceptible devant les hommesanciennement parvenus, elle et Alexandreemployèrent les promesses , et surtout les ma-nières les plus séduisantes, pour enivrer Ber-nadotte. Ainsi, ils caressèrentce prince, quandNapoléon irrité le menaçait ; ils lui promirentlaNorwège etun subside, quand celui-ci, forcéde lui refuser cette province d’un allié fidèle,faisait occuper la Poméranie . Quand Napo léon , prince né de lui-même, se fondant surdes traités, sur d’anciens bienfaits et sur lesintérêts réels de la Suède , exigeait des secourse Bernadotte , les souverains héréditaires deLondres et de Pétersbourg lui demandaientdes avis avec déférence, ils se soumettaientd’avance aux conseils de son expérience. En-fin, quand le génie de Napoléon, la grandeurde son élévation, l’importance de son entre-
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