50 LIVRE II.
» au commerce français ; qu’il savait bien» que l’intérêt et l’esprit national des Russes » avaient pu l’y contraindre, mais qu’alors il» avaitfait dire àleur empereur qu’il concevait» sa position, et qu’il entrerait dans tous lesar-» rangemens qu'exigerait son repos ; et pour-» tant qu'Alexandre, au lieu de modifier son» ukase , avait rassemblé quatre-vingt-dix» mille hommes, sous prétexte de soutenirses« douaniers ; qu’il s’était laissé gagner par» l’Angleterre; qu'enfin aujourd’hui ce prince» refusait de reconnaître la trente-deuxième» division militaire et demandait l’évacuation» delà Prusse par les Français : ce qui équi-» valait à une déclaration de guerre. »
A travers ces griefs , on croyait voir que lafierté de Napoléon était blessée de l’attitudeindépendante que reprenait chaque jour laRussie . L’expropriation de la princesse russed’Oldenbourg de son duché amena d’autresconjectures : on disait que des insinuationsfaites , soit à Tilsitt, soit à Erfurt , sur undivorce, après lequel une alliance plus intimepourrait être contractée avec la Russie , n’a-vaient pas été encouragées , et que Napoléon s’en souvenait encore ; ce fait est affirmé parles uns et nié par d’autres.
Au reste , toutes ces passions, qui gouver-nent si despotiquement les autres hommes ,étaient de trop faibles mobiles pour un génieaussi ferme et aussi vaste ; elles purent tout au