i58 LIVRE IV.
» fatigué de la nouvelle situation critique dans» laquelle il venait de se jeter; impatient d’en» sortir, il allait marcher, et pousser son» armée en avant, toujours en avant, pour» en finir plus tôt. »
Ainsi Napoléon était contraint de s’aveuglerlui-même. On sait assez que la plupart de sesministres n’étaient point des flatteurs : les faitset les hommes parlèrent, mais que purent-ilslui apprendre? qu’ignorait-il? tous ses prépa-ratifs n’avaient-ils pas été dictés par la pru-dence la plus clairvoyante ? que pouvait-onlui dire qu’il n’eût dit, qu’il n’eût écrit centfois? C’était après avoirprévujusqu’auxmoin-dres détails , s’être préparé contre tous lesinconvénients, avoir tout disposé pour uneguerre lente et méthodique , qu’il se dépouil-lait de toutes ces précautions, qu’il abandon-nait tous ces préparatifs , et se laissait emporterpar l’habitude, par la nécessité des guerrescourtes , des victoires rapides et des paix su-bites.