168 LIVRE IV.
de sorte que les eaux y séjournent et inon-dent au loin le pays. On a jeté quelqueschaussées étroites sur ces champs hoisés etmarécageux; elles y forment de longs défilés,que Bagration défendit facilement contre leroi de Westphalie . Celui-ci l’attaqua négli-gemment ; son avant-garde seule joignit troisfois l’ennemi à Nowogrodeck, à Myr et à Ro-manof. La première rencontre fut tout à l’a-vantage des Russes ; dans les deux autres,Latour-Maubourg resta maître d’un champ debataille sanglant et disputé.
En même temps , Davout , parti d’Osmiana,se prolongeait vers Minsk et Ygumen, der-rière le général russe , et s’emparait de l’issuedes défilés où le roi de Westphalie forçait Ba-gration de s’engager.
Entre ce général ennemi et sa retraite setrouvait une rivière qui prend sa source dansun marais infect; son cours incertain, lentet lourd, à travers un sol pourri, ne démentpas son origine ; ses eaux bourbeuses coulentvers le sud-est ; son nom a une funeste célé •brité, qu’il doit à nos malheurs.
Les ponts de bois et. les longues chausséesque, pour en approcher, il a fallu jeter sur lesmarécages qui la bordent, aboutissent à uneville nommée Borizof, située sur sa rive gau-che , du côté de la Russie . Cette rive est e.rgénéral moins basse que la droite ; remarqueapplicable à toutes les rivières qui, dans ce