iSa LIVRE IV.
bres, à cent cinquante pas devant lui, étaitces deux mêmes régiments que , sans s’enapercevoir, il venait de dépasser.
L'immobilité des Russes acheva de tromperles chefs du huitième. L’ordre de charger leurparaissant une erreur, ils envoyèrent un of-ficier reconnaître la troupe qu’ils avaient de-vant eux, et s’avancèrent toujours sans dé-fiance. Tout-à-coup ils voient leur officier, sa-bré, renversé, saisi, et le canon ennemiabattre leurs hussards. Ils n’hésitent plus, etsans perdre de temps à étendre leur troupesous ce feu, ils se jettent au travers des ar-bres et courent dessus pour l’éteindre. D’unpremier élan ils se saisissent des pièces, ilsculbutent le régiment qui est au centre de laligne ennemie, et l’écrasent. Dans le désor-dre de ce premier succès, ils voient le régi-ment russe de droite, qu’ils venaient de dé-passer, rester comme immobile d’étonnement;ils reviennent sur lui par derrière, et le dé-font. Au milieu de cette seconde victoire, ilsaperçoivent le troisième régiment de gauchede l’ennemi, qui, tout déconcerté, s’ébran-lait et cherchait à se retirer; ils se retournentagilement, avec tout ce qu’ils peuvent réunir,vers ce troisième ennemi, qu’ils attaquent aumilieu de son mouvement, et qu’ils disper-sent encore.
Animé par ce succès, Murat pousse dan?les bois d'Ostrowno l’ennemi, qui semble s y