CHAPITRE VIII. 189
che de la grande route, un monticule isoléavait attiré l’empereur. Delà, il pouvait voirles deux armées, placé sur le côté du champ debataille, comme l’est un témoin dans un duel.
Ce furent deux cents voltigeurs parisiens ,du neuvième régiment de ligne, qui débou-chèrent les premiers ; ils furent aussitôt jetésà gauche devant tou!e la cavalerie russe, s’ap-puyant comme elle à la Diiua, et marquant lagauche de la nouvelle ligne; le seizième dechasseurs à cheval vint ensuite, puis quelquespièces légères. Les Russes nous regardaientfroidement défiler devant eux, et préparernotre attaque.
Cette inaction nous était favorable : maisle roi de Naples, qu’enivraient tant de re-gards , se livrant à sa fougue ordinaire , préci-pita les chasseurs du seizième sur toute la ca-valerie russe ; on vit alors avec effroi cettefaible ligne française , rompue dans sa marchepar un terrain tranché de profondes ravines,s’avancer contre les masses ennemies. Cesmalheureux, se sentant sacrifiés, marchaientavec hésitation à une perte certaine. Aussi,dès le premier mouvement que firent les lan-ciers de la garde russe , tournèrent-ils le dos ;mais lés ravins, qu’il fallait repasser, arrêtè-rent leur fuite : ils furent atteints et culbutésdans ces bas-fonds , où beaucoup périrent.
A cette vue Murat, saisi de douleur, se pré-cipite , le sabre à la main, au travers de cette